LE FIL

Persiennes et centrale électrique

Première démonstration mondiale de vitivoltaïsme en 2018

Mercredi 29 novembre 2017 par Alexandre Abellan

L’effet paysager de l’agrivoltaïsme sera non négligeable pour le déploiement de la technologie dans le vignoble reconnaissent Pierre Guerrier et Thierry Simonneau.L’effet paysager de l’agrivoltaïsme sera non négligeable pour le déploiement de la technologie dans le vignoble reconnaissent Pierre Guerrier et Thierry Simonneau. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
En pilotant le basculement de panneaux solaires dynamiques au dessus des vignes en fonction du stress hydrique, Sun’R et l’INRA espèrent proposer une solution au changement climatique. Première implantation dans le vignoble des Pyrénées Orientales au printemps 2018.

« Ce sera le premier site pilote mondial de panneaux solaires dynamiques dans un vignoble, pour démontrer l’efficacité de la solution et en mesurer les impacts économiques » dévoile Pierre Guerrier, le directeur développement de Sun’R, lors d’une conférence sur le numérique, ce 29 novembre au salon Sitevi. En cours de construction sur 4,5 hectares de vignoble*, cette structure photovoltaïque au cœur des vignes doit être inaugurée au printemps 2018 sur le domaine de Nidoleres, dans les Pyrénées Orientales, qui évoquait déjà le projet en 2015.

Comme des persiennes, ces panneaux solaires peuvent être pilotés pour maximiser l’ombrage sur la vigne en période de stress hydrique, tout en préservant un ensoleillement maximal le reste du temps et en produisant de l'énergie renouvelable. Inventés en 2009 avec l’Institut National de la Recherche Agronomique, le concept et la technologie de l’agrivoltaïsme n’en est plus aux balbutiements théoriques, arrivant à la confrontation pratique pour assurer une protection optimale de la plante.

Changement climatique

« Avec le changement climatique, la question est d’utiliser l’eau de la manière la plus efficace possible. Les blocages de photosynthèse au pic de l’après-midi s’accompagnent de fortes transpirations, c’est un dysfonctionnement qui peut être corrigé par le positionnement de panneaux » ajoute le docteur Thierry Simonneau, chercheur en écophysiologie végétale à l’INRA. « Un seuil est passé quand la plante ferme ses stomates. Cette perte d’efficience demande une protection » complète Pierre Guerrier.

"La plante est la priorité"

D’après les premiers essais réalisés sur le site de Pech Rouge avec des panneaux statiques, « les rendements sont conservés, voire augmentés en cas de stress hydrique. La plante reste la priorité absolue » indique Pierre Guerrier, qui souligne que la variabilité de la fourniture en électricité selon les objectifs viticoles est à la charge de l’investisseur énergétique. Mais les premières projections de temps de production et de revenus photovoltaïques ne sont pas encore jugées représentatives par Sun’R, qui ne souhaite pas les communiquer. Pour la vigne, les premiers résultats expérimentaux au vignoble indiquent également « une possibilité de décalage de la maturité et une latitude de réduction des taux de sucre et d’alcool ».

Ces essais scientifiques doivent désormais être complétés par l’installation début 2018 d’un dispositif expérimental viticole sur le site expérimental de l’INRA (auquel sont ajoutés des dispositifs expérimentaux pour l’arboriculture et le maraîchage sous serre). D’autres démonstrateurs devraient être montés dans le vignoble, du moins si les porteurs de projet sont retenus par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).

 

* : Il s’agira de cépages chardonnay, marselan et grenache blanc. Avec une parcelle de 3 ha pour comparaison témoin.

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