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Les agroéquipements connectés prêts pour moduler les doses

Mercredi 29 novembre 2017 par Lucie Marné

De gauche à droite: Jean-Christophe Campet (New Holland), Philippe Balamoutoff (Sika France), Laurent Cattaert (animateur de la conférence) et Christophe Gaviglio (IFV)De gauche à droite: Jean-Christophe Campet (New Holland), Philippe Balamoutoff (Sika France), Laurent Cattaert (animateur de la conférence) et Christophe Gaviglio (IFV) - crédit photo : Lucie Marné
Les constructeurs d’agroéquipements connectés sont prêts pour la modulation de dose en fertilisation. Pour la pulvérisation, il y a encore du chemin à parcourir.

A l’occasion d’une conférence tenue ce mardi 28 novembre au Sitévi à Montpellier, Christophe Gaviglio de l’IFV a rappelé les grands enjeux des équipements connectés face aux objectifs de réduction d’intrant en viticulture : « A partir de l’ensemble des informations collectées via des drônes, des capteurs ou des satellites, on doit pouvoir réaliser de la modulation de dose inter et intra-parcellaire, que ce soit pour la fertilisation ou pour la pulvérisation. »

Preuve à l’appui : le système de modulation de doses mis au point par New Holland en partenariat avec l’entreprise GRV. « Aujourd’hui, avec une carte de vigueur de la vigne obtenue par drône, notre système permet d’agir sur la vitesse de rotation de la vis sans fin de l’épandeur Agrovis », témoigne Jean-Christophe Campet, en charge de l’agriculture de précision chez New Holland. Et ce système a déjà fait ses preuves dans plusieurs grands domaines, notamment à la cave coopérative des vignerons de Buzet qui ont dès la première année réduit leurs apports d’engrais organique de 20%.

Un temps de réponse des outils encore faible

« Mais qu’en est-il de l’automatisation et du temps de réponse des outils ? », s’interroge-t-on dans l’assistance. Car c’est là que le bât blesse. « Aujourd’hui, les systèmes automatiques utilisés ont un temps de réponse de 3 ou 4 secondes », rappelle Philippe Balamoutoff de l’entreprise SIKA, concepteur de débimètres précis utilisés entre autre pour le système de traitement Picore développé par l’Irstea. Et pour la pulvérisation, ce n’est pas une petite marge d’erreur ! Mais la barrière à franchir n’est pas technique. « En réalité, des solutions beaucoup plus rapides existes. Mais elles sont trop chères, même si des économies de produits peuvent être réalisées. D’autant plus que la viticulture est un marché de niche pour les constructeurs agricoles. Honnêtement, en ce qui concerne la pulvérisation de précision en viticulture, nous en sommes au point mort», admet Jean-Christophe Campet.

Mais les intervenants restent confiants : « Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de la viticulture connectée. Le chemin est encore long, mais nous devrions y arriver », rassurent Jean-Christophe Campet et Philippe Balamoutoff. Et Christophe Gaviglio de rajouter : « Les constructeurs doivent aussi jouer le jeu. Car pouvoir analyser et comprendre c’est une chose. Mais il faut ensuite pouvoir agir avec des outils adéquats. On peut par exemple imaginer une effeuilleuse qui module son intensité d’effeuillage.»

Quoi qu’il en soit, outre l’apport d’informations de ces outils connectés et l’automatisation des tâches, un point reste indéniable : l’Homme doit pouvoir garder la main sur ses prises de décision. « En viticulture, on aime pouvoir raconter des histoire. On doit donc garder un lien avec son terroir et sa production. La machine ne doit pas remplacer tout ce savoir-faire », conclue Christophe Gaviglio.

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