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Efow veut préserver et innover en politique viticole

Lundi 27 novembre 2017 par Maurizio Gily et Marion Sepeau Ivaldi

Les dirigeants d'EFOW lors du premier congrès de l'organisation qui s'est tenu le 22 novembre à Bruxelles.
Les dirigeants d'EFOW lors du premier congrès de l'organisation qui s'est tenu le 22 novembre à Bruxelles. - crédit photo : CNAOC
Réunie à Bruxelles le 22 novembre pour le premier congrès de son histoire, l’European federation of origin wines (EFOW) a commencé à réfléchir aux prochains enjeux de la politique viticole européenne. Son souhait : préserver les outils des gestion qui ont fait leur preuve et innover, notamment en environnement.

Avec la réforme de la PAC en toile de fond, le premier congrès d’EFOW a voulu insister sur une satisfaction : le secteur viticole et en particulier les vins à indications géographiques se porte bien, voire très bien. Et pour appuyer son propos, EFOW met en avant une étude de l’Institut italien pour les marchés agricoles (ISMEA) qui montre la croissance continue du secteur depuis 2011. « Dans le secteur du vin, les prix ont augmenté de 4% en moyenne par an entre 2011 et 2015. Dans le même temps, on observe un recul des prix dans les autres secteurs de production de l’agriculture. A noter également, que les prix des vins à indications géographiques ont augmenté de 5 % par an » relève l’étude de l’ISMEA.

Préserver la politique viticole

Pour EFOW, ce contexte économique plutôt florissant, s’explique par « le caractère particulier de la filière viticole à travers son organisation, ses outils de gestion (régulation des plantations, aides spécifiques, politiques de qualité). C’est pour cela que notre filière de production fonctionne moins mal que les autres secteurs agricoles. Nous souhaitons préserver cela et l’améliorer quand c’est possible » indique Bernard Farges, président d'EFOW.
Les améliorations peuvent s’exercer sur plusieurs terrains. Assurance climatique, adaptation du droit de la concurrence, amélioration du dispositif des droits de plantations : si ces sujets sont abordés par le texte du projet Omnibus, ils pourront sans doute revenir lors des discussions de la nouvelle PAC. Les AOC européennes ont une position commune sur la question des autorisations de plantation, note le président de la Federdoc (représentation des AOC italiennes), Ricci Curbastro : «nous sommes d’accord sur les priorités à assigner pour distribuer ces autorisations de plantation. Elle doit être donnée aux viticulteurs professionnels et aux jeunes. Par ailleurs, les ODG ou les Comités Interprofessionnels doivent gérer ces autorisations, leur permettant le contrôle de l'offre et donc l'éventuelle exclusion de nouvelles plantations pour certains vins ayant une appellation d'origine, lorsque cela est nécessaire pour éviter les risques de surproduction ».
Les résistants : la prochaine lutte des AOC
« Nous nous questionnons aussi sur l’avenir du budget de la PAC dans un contexte de Brexit. Les aspects environnementaux et sociaux sont également au cœur de nos préoccupations » indique Bernard Farges. Parmi les sujets environnementaux, la question de l’utilisation des cépages résistants par les appellations européennes est au cœur des attentes. Les AOC européennes comptent faire évoluer le droit européen pour que les AOC puissent utiliser des cépages non vitis vinifera. « Il faut changer le texte européen » insiste Bernard Farges. Et Ricci Curbastro d’indiquer que ces changements sont motivés par des enjeux sociétaux : les décisions doivent être prises « à la lumière des nombreux problèmes de santé, de la pression publique sur l'utilisation de la chimie et du changement climatique ».

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