LE FIL

Liens gascons

L’Armagnac identifie ses leviers de valorisation

Mardi 28 novembre 2017 par Alexandre Abellan

En pleine campagne de distillation, Marc Darroze est soulagé : « nous avons eu quelques couloirs de gel. Ce n’est pas un millésime aussi généreux que 2016, mais il est très correct par rapport à ce que les vignobles voisins ont subi. »
En pleine campagne de distillation, Marc Darroze est soulagé : « nous avons eu quelques couloirs de gel. Ce n’est pas un millésime aussi généreux que 2016, mais il est très correct par rapport à ce que les vignobles voisins ont subi. » - crédit photo : BNIA
Jouant les poils à gratter, le président de l’interprofession de l’eau-de-vie gasconne conforte son ambition de se placer en référence des spiritueux artisanaux.

Aimant être bousculé par ses interlocuteurs, Marc Darroze, le président du Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac, devrait être ravi ce 21 novembre. À la suite de son assemblée générale à Eauze, le BNIA organise une table ronde sur l’enjeu de la valorisation de l’Armagnac. Sont invités à partager leurs expériences Bernard Sonnet, le directeur général du Comité Intersyndical des Vins Corses, et Xavier Muller, le président de la cave coopérative Champagne Mailly Grand Cru. Tous deux vont apporter des témoignages sur leurs réussites collectives dans le développement d’une identité forte.

« L’idée est de secouer, pour que l’on prenne conscience que l’Armagnac a une belle histoire et la Gascogne une identité qui font que l’on n’a pas besoin de copier ce qui marche ailleurs. L’enjeu est d’alimenter les réflexions internes sur la nécessité de valoriser les jeunes eaux-de-vie » explique Marc Darroze. Si le négociant estime que les qualités âgées sont correctement valorisées, l’objectif est pour lui de travailler le positionnement des VS et VSOP. D’autant plus que le repli actuel du marché français sur les entrées de gamme inquiète l’interprofession. « La grande distribution commercialise de moins en moins de volumes, et avec de faibles valeurs. Cela pose de nombreuses questions » esquisse Marc Darroze. Questions d’autant plus fortes que le marché domestique concentre 40 % des ventes d’Armagnac.

Ambitions

Malgré un changement de direction (avec l’arrivée cette rentrée d’Olivier Goujon depuis la Champagne), le BNIA poursuit son ambition de placer l’Armagnac comme la référence des spiritueux artisanaux. Cet été, un programme a ainsi été déployé dans la restauration régionale, afin de développer la présence des armagnacs à la carte et de développer un discours sur le produit. « Quand on voit ce que les whiskies font en Écosse, il n’y a pas de raison pour que l’on fasse autant, si ce n’est mieux » conclut Marc Darroze, avec toute l’ambition qui le caractérise.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé