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Europe

Comment le vin se fait allumer sur twitter

Lundi 27 novembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Comment informer les consommateurs des ingrédients et des calories du vin ? Telle est la question posée par la Commission européenne.
Comment informer les consommateurs des ingrédients et des calories du vin ? Telle est la question posée par la Commission européenne. - crédit photo : Holgi
Eurocare, European alcohol policy alliance, tacle régulièrement le vin sur Twitter. En cause l’absence d’informations nutritionnelles sur les étiquettes des bouteilles de vin. Une communication agressive qui n’est pas si innocente.

Elle représente 60 associations issues de 25 pays européens : Eurocare est une association dont l’objet est de travailler à la prévention et la réduction des effets négatifs de l’alcool. Depuis quelques mois, ses tweets sont plus qu’agressifs à destination du vin. Certains interpellent les consommateurs pour tenter de leur faire prendre conscience qu’ils ne savent pas ce que contient le vin, instillant le doute sur le fait qu’il soit seulement issu du raisin. Comme celui-ci :

 

 

Consumers have the #RightToKnow what is in their drinks. Why being so afraid to tell us? #alcoholreport #alcohol #wine #labelling pic.twitter.com/ktMazmAfxH

— EUROCARE (@EUROCAREBRUSSEL) 3 novembre 2017    

D'autres posts sont en revanche ciblés sur le taux énergétique du vin, comme celui-ci :

 

#Alcohol contributes to obesity epidemic. Do you know how much calories were in your drinks? #alcoholpolicy #EU #EU2017EE pic.twitter.com/jAPlgBIEZW

— SoMinEstonia (@SoMinEstonia) 30 octobre 2017  

Cette campagne de communication sociale n’est pas innocente. Elle vise à mettre la pression sur le secteur des boissons alcoolisées pour aboutir à une proposition concernant l’étiquetage nutritionnel de leurs produits. En mars 2017, la direction générale de la Santé de la Commission européenne a en effet invité les professionnels du secteur à lui remettre un an plus tard, une proposition de réglementation sur le sujet.

Depuis le secteur travaille mais les résultats ne sont pas encore là. Lors du premier congrès européen d’EFOW qui s’est tenu à Bruxelles le 21 mars, les représentants européens ont échangé sur le sujet. Le secteur s’est résolu à accepter la fatalité : il faudra bien étiqueter chaque cuvée. « Répondre à la demande de la Commission européenne, c’est aussi éviter qu’un Etat membre ne légifère seul sur la question » constate Bernard Farges, président d’EFOW.

Défendre la spécificité du vin

Mais, la profession tient à maintenir une exception viticole. Actant qu’il ne sera pas possible de trouver une position avec les autres secteurs des boissons alcoolisées, le secteur viticole veut arriver à une position unitaire de la viticulture européenne et prêche pour « une spécificité du vin, ce qui n’est pas aberrant car elle existe dans d’autres réglementations européennes » pose Bernard Farges. Cette exception, justifie le président, s’explique par la variabilité intrinsèque du produit. « Dans une même exploitation, les cuvées ne sont pas les mêmes en termes d’ingrédients et de calories. Par ailleurs, ces valeurs changent suivant les millésimes et elles peuvent changer au sein d’une marque, selon l’assemblage. Enfin, nos vins sont exportés et réexportés et aucun vigneron ne peut connaître la langue du consommateur final » explique Bernard Farges.

La proposition est donc de passer par un étiquetage dématérialisé : les informations nutritionnelles ne seraient pas visibles sur l’étiquette mais sur un site internet, l’étiquette renvoyant à ce site. Reste à savoir ce qui y est inscrit. Pour les calories, le secteur du vin n’a pas de difficultés particulières, si ce n’est sur la forme. Alors que la bière voudrait que les calories soient présentées pour 100 ml de produit, le vin souhaiterait qu’il y ait aussi le taux de calorie pour une portion de produit. Par ailleurs, il faut également savoir quels seraient les ingrédients. Pour l’instant, l’OIV n’a pas abouti à une liste complète d’ingrédients. Et Bernard Farges d’expliquer : « sur cette liste, nous ne pouvons pas avoir de position car il n’y a pas de certitudes. Nous donnerons notre avis quand il y aura une proposition sur la table ».

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