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Loire Propriétés

Le groupe veut en découdre avec le cabernet d’Anjou bashing

Jeudi 23 novembre 2017 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 24/11/2017 14:44:12

Le cabernet d'Anjou représente près de la moitié des ventes du groupe Loire Propriétés.
Le cabernet d'Anjou représente près de la moitié des ventes du groupe Loire Propriétés. - crédit photo : Loire Propriétés
Alors qu’il représente 17 % de part de marché des ventes de vins rosé en grande distribution, le cabernet d’Anjou n’occupe que 8 % de la surface des linéaires. Le groupe Loire Propriétés entend bien remédier à cette injustice.

La direction du groupe Loire Propriétés avait convié la presse professionnelle et grand public ce 22 novembre, bien décidée à redonner de la visibilité au cabernet d’Anjou.

« Comment se fait-il que cette appellation, qui représente 17% des ventes de rosés en GMS, ne totalise que 8% de la surface des linéaires ? » s'élève Brunot Prévot, directeur commercial et marketing de Loire Propriétés. « Est-ce normal que les bordeaux rosés qui représentent 7.4% des ventes de rosés en valeur constituent 8% de l’offre ? On trouve en moyenne 6 références de cabernet d’Anjou par magasin contre 9 pour les bordeaux rosés. »

La situation de la deuxième AOP rosé française en volume (derrière le rosé de Provence), est encore plus critique chez les cavistes. « On ne trouve du cabernet d’Anjou que chez 5% d’entre eux, poursuit Bruno Prévot, et sur moins d’un quart des cartes de vins en restaurants. Les gens ne savent pas quand le boire et comment le marier.» Pourtant Loire Propriétés croit très fort en lui. « D’ailleurs, il constitue près de la moitié des 220 000 hl que nous produisons annuellement.»

Alors, le groupe coopératif a invité la presse à en déguster tout au long d’un déjeuner, de l’apéritif au dessert, pour lui prouver que ce vin convient à tous les instants de consommation. En fin de repas, Jérôme Lemasson, directeur de la société, a même ouvert une bouteille de 1987, pour démontrer que le cabernet d’Anjou peut se conserver.

Plusieurs cartes à jouer

« Le cabernet d’Anjou a un tas de cartes à jouer, a expliqué Bruno Prévot. C’est un vin de tous les jours, qui n’est pas consommé qu’en été, contrairement au rosé de Provence ; sa sucrosité naturelle plaît aux jeunes, habitués aux sodas, et peut les amener au vin ; son prix moyen reste très abordable à 3,63€/col contre 4,81€ pour la Provence ; et c’est un vin faiblement alcoolisé, titrant le plus souvent 10,5 ou 11% vol. alc. »

Le groupe coopératif veut dépoussiérer le cabernet d’Anjou et créer une gamme diversifiée qui plaise autant aux consommateurs traditionnels, qui ont besoin d'être rassurés par des étiquettes très classiques, qu’aux « explorateurs ». C’est ce qu’il vient de faire avec le Château de la Saulaie, un cabernet d’Anjou au packaging très looké dont la bouche gourmande et vive devrait conquérir de nouveaux consommateurs à l’apéritif.

Chiffres clés

Loire Propriétés est le premier groupement de producteurs du Val de Loire, avec 5 000 ha commercialisés chaque année, soit 220 000 hl générant un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros, doublé en 5 ans et réalisé à 55% en grande distribution. Le groupe produit 51% de rosé, 32% de blanc et 17% de rouge.

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