LE FIL

Pays d’Oc a 30 ans

Cinq défis d’aujourd’hui

Vendredi 24 novembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Les vins IGP Pays d'Oc sont désormais trentenaires. Quels sont leurs prochains défis ?
Les vins IGP Pays d'Oc sont désormais trentenaires. Quels sont leurs prochains défis ? - crédit photo : Joseph Chan
Le premier décembre prochain se tiendra l'assemblée générale de l'IGP d'Oc. Alors que le signe de qualité fête ses trente ans, le points sur cinq enjeux d'avenir.

1 Se défendre contre l’usurpation

Ces deux dernières années, les vins espagnols et les vins de la Communauté européenne ont bousculé le marché français et notamment celui des Wine in box (outre à vin), créneau sur lequel Pays d’Oc est leaders. Cette concurrence s’est faite en détournant la notoriété de Pays d’Oc au moyen d’étiquettes qui prêtaient à confusion. « Je n’ai pas vu d'autres vins IGP copiés sauf des vins de Pays d'Oc, ce qui prouve une chose : notre signe de qualité est un signe de confiance pour le consommateur. Comme ces vins espagnols n’ont pas de notoriété, ils sont francisés en Pays d'Oc ! » regrette Jacques Gravegeal. Celui-ci compte agir pour qu’une telle situation ne se reproduise plus à l’avenir. « Notre réponse sera au niveau national et européen pour qu’il n’y ait plus de possibilité d’usurper ainsi l’identité » affirme Jacques Gravegeal, qui indique vouloir également s’attaquer aux problèmes de distorsion de concurrence liée aux coûts de production variables d’un pays à l’autre. « Nous devons avoir des règles européennes applicables à tous avec des coûts de production identiques et une législation identique ! »


2 Participer à une formation du prix juste et équitable

« Le président de la République veut inverser le mécanisme de formation du prix pour qu’il se base sur les coûts de production » indique Jacques Gravegeal. Dans ce contexte, l’IGP Pays d’Oc a déjà annoncé sa volonté de faciliter la contractualisation entre la production et le négoce avec des prix maîtrisés. « Cette négociation du prix appartient à la sphère privée » souligne Jacques Gravegeal. Mais, les Pays d’Oc souhaitent accompagner le développement de ces contrats. « C’est un cheval de bataille pour nous. Les contrats constituent un élément de pérennité du marché pour le vignoble et le commerce. Et nous devons faire en sorte que le négoce puisse également accéder à une contractualisation avec la grande distribution ».
Concernant les contrats production/négoce, Pays d’Oc, soutenu par Coop de France et les Vignerons indépendants, propose une formule de calcul des prix présentée sous forme d’indice. Celui-ci tiendrait compte à 40 % de l’évolution du Smic, à 50 % du cours des intrants et à 10 % à évaluer pour autres charges.


3 Sécuriser le revenu face aux aléas climatiques

« Nous n’avons toujours pas une réponse économique suffisante à la question des aléas climatiques » pose Jacques Gravegeal. Pays d’Oc demeure en réflexion sur l’assurance climatique. « Il faut que les assureurs soient aptes à proposer des contrats compatibles avec l’économie des exploitations » souligne Jacques Gravegeal. C’est pourquoi Pays d’Oc explore d’autres pistes dont celles du VCI. Mais d’un genre nouveau. L'idée part du constat que le rendement de base de l'IGP est rarement atteint par les structures de production. Elle s'appuie également sur le rendement lié à la capacité commerciale des structures, pour lesquelles elles ont un marché sécurisé. Entre ces deux valeurs (celle du rendement de base et le rendement commercial), il est possible qu'une année, pour raison climatique, la structure dépasse son rendement commercial. Le delta entre ce rendement lié au climat et le rendement commercial pourrait être mis en réserve par la structure. Cette mécanique permettrait de réguler le marché en évitant le trop plein les bonnes années, et en mettant à disposition des volumes les années de petites récoltes.


4 La bataille des résistants

« Aujourd’hui, le génie humain permet d’éradiquer des maladies grâce aux cépages résistants » se satisfait Jacques Gravegeal qui milite pour un développement accéléré de ces cépages dans le vignoble français. « Les autres pays sont en avance sur nous ! L’Australie, la Chine, le Chili : tous ces pays plantent des cépages résistants » rappelle-t-il. Il souhaiterait notamment les voir autorisés en France et notamment à proximité de tous les sites dits sensibles, tels que les écoles. Le président voudrait également pouvoir utiliser les noms évoquant des cépages français des Pays d'Oc, comme il l’a déjà confié à Vitisphere. Enfin, il rappelle qu’avec les cépages résistants, il n’est pas uniquement question de protection du vignoble, mais aussi d’adaptation à d'autres éléments de résistance et notamment de la sécheresse.

 

5 Offrir la segmentation aux IGP

« Comment vendre 6 millions d'hl de Pays d’Oc sans avoir de segmentation ? » questionne Jacques Gravegeal. Avec le changement de réglementation et la création des IGP, la France est passée de 153 vins de pays de France à 75 IGP. « Dans le même temps, le nombre d’AOP a crû de 15 % » relève Jacques Gravegeal, qui ne comprend pas pourquoi la segmentation serait réservée aux appellations d’origine. « Je vais m’attaquer à ce sujet pour que nous puissions avoir une segmentation territoriale et qualitative. La segmentation des IGP permettra d’aller chercher la valeur ajoutée ».

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