LE FIL

2017 en tonneau

Seguin Moreau compense le repli bordelais par le rebond bourguignon

Vendredi 10 novembre 2017 par Alexandre Abellan

N’allez pas parler de crise au leader mondial de l’élevage des vins sous bois dans le monde.
N’allez pas parler de crise au leader mondial de l’élevage des vins sous bois dans le monde. - crédit photo : Seguin Moreau US
Touchant l'ensemble des opérateurs vitivinicoles, la petite récolte 2017 a cependant peu d’impact sur le premier producteur de tonneaux vinicoles. Explications.

Gel historique des vignobles conduit-il à un gel sans précédent des achats de barriques ? « Rien que la hausse de 40 % de nos ventes en Bourgogne compense deux fois la baisse de nos ventes à Bordeaux » coupe immédiatement Nicolas Mähler-Besse, le directeur général de l’activité élevage du groupe Oeneo. Pas de place au catastrophisme chez le tonnelier Seguin Moreau : l’historiquement faible récolte 2017 ne devrait impacter qu’à la marge son activité. Alors que la période de livraison française des barriques touche à sa fin*, « on ne peut plus prendre de commandes ! La plupart des options ont été confirmées, et nous avons même des commandes de réassort à Bordeaux » se réjouit Nicolas Mähler-Besse. D’après les dernières publications boursières d’Oeneo (voir encadré), son activité élevage affiche une légère baisse de son chiffre d’affaires entre le généreux 2016 et le petit 2017 (-0,4 %, à 49,2 millions d’euros).

Pour expliquer cet enthousiasme, le dirigeant souligne que « Seguin Moreau a été épargné à Bordeaux grâce à son orientation haut de gamme (les terroirs prestigieux ont été moins touchés pas le gel que ceux moins valorisés) et sa présence plus forte sur la rive gauche que sur la rive droite (où les dégâts sont plus importants) ». Si Bordeaux représente 12 % des ventes de Seguin Moreau, la bonne récolte en Bourgogne permet donc de compenser (le vignoble bourguignon achetant 5 % des contenants la feuille de chêne). Et même à Cognac (qui compte pour 10 % des ventes de Seguin Moreau), le petit rendement en alcool pur n’aurait pour l’instant pas d’impact sur les achats de négociants (l’existence d’une réserve climatique importante pouvant l’expliquer). Ces effets tampons se retrouvent à l’international, où la baisse des ventes en Espagne est contrebalancée par une hausse en Italie et surtout une reprise en Autriche (après un important gel en 2016).

Inquiétude sur l’amont, pas l’aval

Seguin Moreau concède une seule ombre au tableau : la probable baisse des ventes d’alternatifs œnologiques en fin d’année. Les copeaux devant mécaniquement pâtir de la baisse de la récolte. Mais plus que le marché actuel, c’est l’approvisionnement futur en bois de chêne qui tracasse Nicolas Mähler-Besse. Si le tonnelier augmente annuellement le prix de ses barriques de 2 % en moyenne, le prix du chêne sur pied a augmenté de 14 % sur la dernière année selon les dernières statistiques de l’Office National des Forêts. « Nous n’arrivons pas à répercuter hausse des prix d’achat grumes sur fûts » reconnaît Nicolas Mähler-Besse. « Le prix des grumes est problématique. On espérait une détente des prix après le gel, avec une moindre demande de tonneliers régionaux plus impactés. Mais les tendances sont toujours à la hausse… »

 

*: Globalement, cette campagne de vente des barriques commence en août pour les fermentations malolactiques en barrique et s’achève en décembre pour les élevages.

1,2 milliard de bouchons

Sur le premier semestre 2017, le groupe Oeneo (bouchons Diam et Piedade, tonnellerie Seguin Moreau et services Vivelys) vient d’annoncer un chiffre d’affaires de 127,8 millions euros (soit une hausse de 6 % par rapport à l’an passé). Si l’élevage résiste à la faible récolte, le bouchage explose : +10 % en un an, pour 78,4 millions €. À elle seule, la marque Diam affiche une croissance de 17 % de ses ventes. Sur la période, 1,2 milliard de bouchons ont été commercialisés, établissant un nouveau record pour Oeneo. « Ces ventes devraient rester bien orientées au cours des prochains mois, dans un contexte de récoltes pourtant plus faibles en Europe » esquisse un communiqué financier.

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