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« Je déclare le peuple vigneron contestataire de retour »

Jeudi 19 octobre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 20/10/2017 09:00:00

Départ de la manifestation dans les rues de Carcassonne.Départ de la manifestation dans les rues de Carcassonne.
À l’appel du Syndicat des Vignerons de l’Aude, des manifestants s’étaient rassemblés le 18 octobre à Carcassonne pour écouter le discours musclé de leur président Frédéric Rouanet avant de manifester dans les rues de la ville.

« Je déclare le peuple vigneron contestataire de retour !» a lancé Frédéric Rouanet, président du Syndicat des Vignerons de l’Aude, lors de son discours d'inauguration de la manifestation du 18 octobre à Carcassonne. Les manifestants souhaitaient mettre au jour leurs difficultés économiques. Usant d’un langage musclé et parfois fleuri, Frédéric Rouanet a ainsi dénoncé une situation qui n’est plus « tenable » après deux années de petite récolte, décrivant une situation qui a « empiré ». « Nous avons été livrés aux profiteurs et aux spéculateurs qui se sont servis des faiblesses pour nous faire baisser les prix sans que personne ne siffle la fin de la partie ».

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Eblouis par les EGA

Évoquant les actions coup de poing menées par le Syndicat au premier semestre 2017, le président a estimé que « la vraie violence est économique. Nous sommes les seuls cocus de la farce à ne pas percevoir un acompte de 15 % dès l’achat de nos vins. La contractualisation est parfois timide. Nous sommes seuls face à un marché qui fluctue.(…) Nous avons été éblouis par les annonces qui ont été faites aux États généraux de l'alimentation. C’est juste le constat d’une situation que nous dénonçons depuis des années. (…) Si j’ai bien compris, Monsieur le président, vous voulez mettre un terme à cinquante ans de règne de la grande distribution et de ses pratiques mafieuses ! »

Dans son discours, Frédéric Rouanet a, par ailleurs, réclamé l’interdiction du saccharose en Europe et a appelé le ministre de l’Agriculture à soutenir cette proposition. « Elle est partagée par l’Italie et l’Espagne. Seuls Bordeaux et la Champagne sont contre » explique-t-il. Il est également revenu sur l’assurance récolte. Si l’abaissement du seuil de la franchise de 30 à 20 % est en passe d’être entérinée par Bruxelles, il souhaite que soit mis un terme à la « moyenne olympique » comme base de référence des pertes de récolte. « J’ai bon espoir que ce point soit réglé. La viticulture est unie sur ce sujet » confie-t-il à Vitisphere dans le cortège.

Alors qu’au matin de la manifestation le président du Syndicat des Vignerons de l’Aude a déposé, à la préfecture, une motion reprenant toutes ses revendications, il est revenu sur les demandes. « Nous appelons à la solidarité nationale » a-t-il expliqué. Ce qui se traduit par une exonération de l’impôt foncier, l’allègement des cotisations sociales et année blanche au niveau bancaire. Il a également demandé des mesures conjoncturelles comme un compte annualisé défiscalisé sur les stocks ou le volume compensatoire individuel pour faire face aux petites récoltes. Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de l’Aude, présent à la manifestation, explique : « Dans la motion déposée ce matin, le Syndicat a repris certaines de nos propositions dont celle concernant des dispositions fiscales. Il s’agit notamment de ne pas faire peser la fiscalité sur les stocks sans se soustraire à l’impôt ».

Les casquettes rouges

Le Syndicat des Vignerons de l’Aude reprend également à son compte une demande des Vignerons coopérateurs. « Nous souhaitons que Bercy autorise les caves coopératives à décaler les amortissements des investissements et à ce qu’elles puissent bénéficier des mesures d’allègement des charges sociales ». De quoi, sans doute, contenter Boris Calmette, président de Coop de France LR, également présent à Carcassonne et arborant la casquette rouge siglée Vignerons Audois, portée par tous les manifestants et qui n’est pas sans rappeler le « Bonnet rouge ».

Enfin Frédéric Rouanet a terminé son discours en dénonçant la publicité du Tire-Bouchon. « Aujourd’hui, nos vins sont dénigrés par une bande d'enfoirées qui ne veulent pas différencier le vin des autres produits alcoolisés. (…) Le vin ne peut être une vitrine française et un produit que l’on dénigre. Nous demandons que le vin français soit inscrit dans le texte comme vin de la nation ! ».

 

 

 

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