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Sondage Vitisphere

Le principe du rassemblement viticole divise

Mercredi 18 octobre 2017 par Alexandre Abellan

Partant de la Cité de Carcassonne (porte Narbonnaise), la manifestation doit rejoindre la ville basse. Des milliers de participants sont attendus.
Partant de la Cité de Carcassonne (porte Narbonnaise), la manifestation doit rejoindre la ville basse. Des milliers de participants sont attendus. - crédit photo : Office de Tourisme de Carcassonne
Alors que les syndicats languedociens appellent à la mobilisation, les préoccupations des lecteurs de Vitisphere semblent pour le moins décalées. Le tire-bouchon indigne plus que les vins espagnols.

« Nous sommes tous des tire-bouchons ! » tel est le slogan qui devrait être en tête du cortège de Carcassonne, ce 18 octobre pour les participants du dernier sondage de Vitisphere. Mis en ligne pendant dix jours, le questionnaire a reçu 61 réponses, permettant d’esquisser la perception, qualitative, des rassemblements organisés par les vignerons audois. Ainsi, 43 % des sondés se mobilisent contre la discrimination du tire-bouchon qui illustre la campagne pour la réduction de la consommation d’alcool du ministère de la Santé et l'Institut National du Cancer. « La baisse de la consommation française de vin ne relève pas du gouvernement, mais de la société : il faut trouver une manière intelligente (Vin et Société) de lutter contre les ayatollahs anti-vin. Il est là le combat prioritaire que les vignerons, regroupés, doivent mener » commente ainsi un lecteur, Jean.

En comparaison, ils sont seulement 26 % à se mobiliser pour l’économie de la filière (« vrac : pendez haut les cours ! »), 18 % à dénoncer la concurrence des vins en vrac étranger (« contre les importations espagnoles : marche ou CRAV ! ») et seulement 13 % à réclamer un coup de pouce après les aléas climatiques de l’année (« 2017 ne manque pas de gel, mais d’aides »).

Il faut reconnaître que les sondés qui se sont exprimés ne vont pas forcément grossir les rangs du rassemblement de l’après-midi à Carcassonne. Un tiers des répondants reconnaît ne pas être un vigneron languedocien (qu’ils soient exploitants dans d’autres régions, ou metteurs en marché, etc.). Mais pour les vignerons languedociens représentant les deux autres tiers des sondés, on trouve à parts égales ceux qui ne veulent pas être de la manifestation, et ceux et ceux qui vont participer (ou hésitent encore). Cette nette division est le signe même de la remise en cause de ce rassemblement.

"Stop au cinéma"

Sur la question de la légitimité de la manifestation, ils sont 36 % à estimer que « faire la une est la seule manière d’être remarqué », et 36 % à conseiller « que le Languedoc se remette en cause et sorte de la nostalgie de 1907 ». Ces dernières critiques se retrouvent dans les commentaires, où Coulon critique « un syndicalisme d’un autre monde, seulement mobilisé pour se faire valoir à titre personnel. » Cette approche révolutionnaire est aussi promue par Lala, pour qui « il est nécessaire de revisiter les dispositions de production, cesser de prendre des mesures restrictives de production (limite des rendements), ouvrir les potentiels de production (irrigation, droits de plantations…) ».

Que la manifestation mobilise ou non aujourd’hui, tous les sondés s’accordent cependant sur un pronostic : la mobilisation va durer. Seulement 15 % des sondés prévoient un déclin rapide des rassemblements. Ils sont 37 % à prévoir une montée en puissance, jusqu’à l’obtention de résultats. Mais le pessimisme est également fort, avec 25 % anticipant un durcissement du mouvement à un noyau dur, quand 23 % pressentent un coup de sang n’apportant pas d’évolutions. Reste à voir si le tire-bouchon languedocien est une vis sans fin ou un déboucheur d’impasse.

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