LE FIL

Appel aux députés viticoles

La filière à la recherche de nouveaux relais

Lundi 02 octobre 2017 par Bertrand Collard

Joël Forgeau, président de la confédération des vignerons du Val de Loire et membre de la Cnaoc
Joël Forgeau, président de la confédération des vignerons du Val de Loire et membre de la Cnaoc - crédit photo : B. Collard
Le 29 septembre, la Cnaoc a fait savoir aux députés qu’elle a hâte de voir se reformer le groupe d’étude viticole de l’Assemblée nationale. La filière a besoin de relais auprès du gouvernement.

C’est un appel aux députés qu’a lancé Eric Tesson. « On a hâte que vous formiez le groupe d’études viticoles car il nous permet de faire passer des messages. Nous avons vraiment besoin d’un relai avec le gouvernement », a expliqué le directeur de la Cnaoc le 29 septembre au domaine des Deux moulins à Juigné-sur-Loire. C’était lors de la « journée vendange » organisée par la confédération des syndicats d’AOC à laquelle une vingtaine de parlementaires, d’élus locaux, de fonctionnaires et de journalistes ont participé.

Aujourd’hui, ce relai servirait à faire un message de mécontentement. « Il y a un tire-bouchon qui a beaucoup fâché les vignerons, a rappelé Joël Forgeau, président de la Confédération des vignerons du Val de Loire et membre de la Cnaoc. Alors que selon la loi, les campagnes de prévention doivent se faire sans stigmatiser une famille de produit, l’Inca a mis en avant un tire-bouchon sur un visuel, ciblant ainsi le vin, et a dit qu’il vaut mieux ne pas boire du tout de vin. »

Pour la filière cette campagne est inadmissible. Le 28 septembre, elle a remis 10 000 signatures de la pétition « Le tire-bouchon de trop » à Stéphane Travert, demandant au ministre de l’Agriculture de les porter au Président de la République.

Mettre en avant la place du vin

Devant ses invités, Joël Forgeau a aussi demandé qu’on « mette en avant la place du vin dans la société ». Il cité l’exemple de l’Espagne où les pouvoirs publics et la viticulture ont su s’entendre pour lancer une campagne autour du slogan « Qui sait boire sait vivre ».

Stella Dupont, députée LREM de la circonscription de Juigné-sur-Loire, a répondu à ces appels. « On scie la branche sur laquelle on est assis. La consommation de vin et la gastronomie font partie de la culture française. Mais il ne faut pas se voiler la face : il y a un problème d’alcoolisme », a-t-elle déclaré devant l’assistance.

Appel à une rencontre avec la ministre de la Santé

Comme beaucoup d’autres députés de la majorité présidentielle, c’est son premier mandat. « Je suis très attachée à la prévention, à la lutte contre l’alcoolisme, nous a-t-elle confié par la suite. En même temps, on ne peut pas déstabiliser une filière. On va se mobiliser pour faire évoluer les choses. » L’élue se dit prête à faire son possible pour faciliter une rencontre entre la filière viticole et le ministère de la santé, une rencontre que la filière appelle depuis longtemps de ses vœux.

La Cnaoc a hâte de voir le groupe d’étude viticole de l’Assemblée nationale se reformer car c’est un soutien de la filière alors que les revendications ne manquent pas. Outre le retrait de la campagne de l’Inca, la Cnaoc demande la création d’un dispositif d’épargne de précaution défiscalisée en prévision des aléas climatiques et un assouplissement du droit de la concurrence pour que les organisations professionnelles puissent parler de prix rémunérateurs pour les producteurs.

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