LE FIL

Grand cru classé de Saint-Émilion

La famille Moueix achète le Clos La Madeleine (et un château)

Vendredi 29 septembre 2017 par Alexandre Abellan

Positionné sur le plateau de Saint-Émilion, le Clos La Madeleine produit annuellement 8 000 à 10 000 cols de vin. Quand le château Magnan La Gaffelière récolte 60 000 à 70 000 bouteilles, et le château La Tandonne 6 000 à 8 000 bouteilles.
Positionné sur le plateau de Saint-Émilion, le Clos La Madeleine produit annuellement 8 000 à 10 000 cols de vin. Quand le château Magnan La Gaffelière récolte 60 000 à 70 000 bouteilles, et le château La Tandonne 6 000 à 8 000 bouteilles. - crédit photo : Clos La Madeleine
Les établissements Jean-Pierre Moueix développent leur vignoble en dehors de Pomerol avec ce rachat d’une quinzaine d’hectares de vigne à un GFA d’une vingtaine d’actionnaires.

Pour les 80 ans du négoce bordelais Jean-Pierre Moueix, la famille corrézienne s’offre trois étiquettes de Saint-Émilion : le Clos La Madeleine (2,20 hectares en grand cru classé de Saint-Émilion) et les châteaux Magnan La Gaffelière (10,5 ha AOC Saint-Émilion grand cru) et Tandonne (1 ha, AOC Saint-Émilion). Très implantée à Pomerol, la famille Moueix est loin d'être une nouvelle venue à Saint-Émilion. Effective depuis ce 25 septembre, l’acquisition de ce Groupement Foncier Agricole a été pilotée par Édouard Moueix, en voisin s'inscrivant dans un tracé très familial. Le directeur adjoint des établissements Moueix est en effet le gérant du château Bélair-Monange (23,5 ha) : voisin du Clos La Madeleine, ce premier grand cru classé de Saint-Émilion est issu de la fusion des châteaux Magdelaine (acquis en 1952 par son grand-père Jean-Pierre Moueix) et Bélair (acheté en 2008 par son père Christian Moueix).


"10 ans pour comprendre, 20 ans pour maximiser"

« La propriété du Clos La Madeleine est quasiment incluse dans Bélair Monange, nous la connaissons par cœur » se réjouit Christian Moueix, le président du négoce Moueix. Si des échanges de parcelles témoignent de cette proximité*, les deux vignobles sont appelés à rester séparés. Ne serait-ce que parce que l'un est un premier cru classé et pas l'autre pas souligne Christian Moueix. S'il connaît moins bien le château Magnan La Gaffelière (et sa parcelle Tandonne), il estime que « ce bon terroir pourrait, avec beaucoup d'application, devenir un grand cru classé. Mais je m'avance peut-être trop ! Il faut dix ans pour comprendre un terroir. Et vingt ans pour le maximiser. »

Si les équipes du Clos La Madeleine sont maintenues, le suivi du domaine par Hubert de Boüard, en place depuis 2006, s'arrêtera par contre en 2017. « Son consulting a suffisamment de suivis de par le monde pour qu'il ne s'en formalise pas » glisse avec malice Christian Moueix.

GFA

Révélée par le Wine Spectator, cette transaction ne concerne pas directement la Société Générale, comme avancé par le site américain. Si le groupe bancaire a assuré la gestion de ces propriétés par le passé (mais ne souhaite pas commenter), c’était un groupement d’une vingtaine de ses clients qui les dirigeait dernièrement. Montées en Groupement Foncier Agricole et Société Anonyme, ces propriétés appartenaient depuis 25 ans à « un groupe de particuliers passionnés par le vin », comme le précise le site du Clos La Madeleine. Ayant racheté le Clos La Madeleine en 1992 à la famille Pistouley, ces investisseurs avaient racheté et intégré deux propriétés voisines : châteaux Vieux Rocher La Madeleine en 2001 et Flouquet-Madeleine en 2004.

 

* : En 1930, 1998 et 2002 des parcelles de vignes ont été échangées entre le Clos de la Madeleine et les châteaux Belair et Magdelaine.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé