LE FIL

Vin de France

Son Bord'eaux est trop Bordeaux

Mercredi 27 septembre 2017 par AFP
Article mis à jour le 28/09/2017 09:21:29

Cette cuvée de DLC est commercialisée sous l'appellation «vin de France». Elle provient des vignes de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac.Cette cuvée de DLC est commercialisée sous l'appellation «vin de France». Elle provient des vignes de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac.
Le Domaine Léandre-Chevalier (DLC) subit la vindicte des appellations Bordeaux et Bordeaux supérieur qui l'ont mis en demeure de retirer du commerce ses vins «Monopole du Bord'eaux inférieur», a-t-on appris mardi 27 septembre auprès des deux parties.

«Il y a tromperie du consommateur puisqu'il y avait bien la mention Bordeaux et c'est un vin sans indication géographique, donc il n'a pas le droit de faire état de la mention Bordeaux», a assuré à l'AFP le directeur du syndicat viticole des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, Florian Reyne.
«Même s'il y a un jeu de mots, on voit bien que l'utilisation de l'expression +Bord'eaux+ est de nature à induire le consommateur en erreur (...) C'est un élément qui est constitutif d'un dénigrement de l'appellation», a-t-il précisé.

Un vin de France


Cette cuvée de DLC est commercialisée sous l'appellation «vin de France». Elle provient des vignes de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac. Elles «sont au bord de l'eau. On est dans la partie inférieure de l'estuaire», a expliqué Eric Morain, l'avocat du viticulteur Dominique Léandre-Chevalier.
«C'est un jeu de mot, c'est fait pour se faire remarquer mais pas pour tromper», a souligné Me Morain, qui n'envisageait «pas de répondre favorablement» à cette mise en demeure du 14 septembre.
«La réglementation est devenue tellement absurde. Tous les mots et adjectifs valorisants sont confisqués par les appellations. Quand vous n'êtes pas dans une appellation, les mots de domaine, de château, de cave même, sont des mots qui sont interdits d'utilisation», a-t-il poursuivi.
«Ils prennent une masse pour écraser une mouche. C'est de l'intimidation, ce n'est pas fondé en droit», a lancé Me Morain.

L'Inao monte au créneau
L'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) a demandé mi-septembre l'intervention de la répression des fraudes pour constater l'infraction et retirer les bouteilles.
Cette cuvée, issue de cinq cépages avec 90% de merlot, a été sélectionnée par les critiques de vin Michel Bettane et Thierry Desseauve pour Monoprix qui l'a référencé pour la foire aux vins en septembre dans sa rubrique «vins rebelles».

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VOS RÉACTIONS
rol Le 04 octobre 2017 à 10:31:22
No comment sur l' illégalité de cette mention tellement c'est évident .... Par contre , il serait normal et légal que la DGCRF se rende et condamne Monoprix pour tromperie de la clientèle car c'est bien Monoprix qui vend .....
Wayne McLaughlin Le 30 septembre 2017 à 18:00:28
C'est le vigneron qui fait que son vin est bon ou ... moins bon. Pas L'appellation ou la dénomination. Non? Régalons nous de bonnes choses et non de mots sur les étiquettes, de médailles en chocolat ou de sélection "par notre sommelier/Oenologue etc". Certains semblent prendre vraiment les consommateurs pour des ânes. A croire que même si c'est mauvais on va acheter un vin qui porte un nom ou nous savons bien que cohabitent le meilleur et le pire. Le pire est toujours sanctionné même si une bonne promotion lui permet, un temps, de se maintenir. Il est finit le temps où l'inculte se jette sur une bt notée Bordeaux pensant se payer un Chateau M. C'est du Bordeaux donc c'est forcément bon? Ceci étant cela vaut aussi dans l'autre sens. Utiliser la notoriété d'un autre pour prendre sa place dans le trafic sans vouloir faire la queue et fournir travail et patience à faire reconnaître son savoir faire signale aussi peut être une sorte de spoliation du travail d'autrui voir de générations de vignerons. Accepter sans rien dire et tout est possible, il n'y a plus de règles et demain un autre pourra appeller son vin Bord d'eaux (avec 2 d on détourne le jeu de mot mis en avant par l'homme de loi et gageons qu'il n'intentera rien pour protéger les intérêts de son client) et peut être notre vigneron aux jeux de mots subtiles trouvera t- il a redire. Et s'il n'y a plus de règles faisons fi de l'INPI donc personne ne protège plus non plus sa marque. Chacun fait ce quil veut et seuls les avocatsvy trouveront leur compte. Donc Vive le bon vin, vive le Bord'eaux s'il est bon mais que chacun fasse sa place sa marcher sur son prédécesseur non?
Vialard Antoine Le 29 septembre 2017 à 18:57:15
Pauillacais d'origine et connaissant bien l'île de Patiras, je me demande comment le producteur de ce Bord'eaux inférieur a bien pu penser un seul instant que le jeu de mots trouverait grâce aux yeux des défenseurs des AOC bordelaises. Personnellement j'aime beaucoup les jeux de mots, mais l'apostrophe de Bord'eaux ne pouvait qu'entraîner l'apostrophe de son inventeur. Ancien professeur de droit de la vigne et du vin, son cas me paraît mal parti !
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