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Drôme/Vaucluse

Lancement d’un projet d’irrigation à partir du Rhône

Mardi 26 septembre 2017 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 05/10/2017 10:04:51

Il reste possible d’augmenter les prélèvements de 5 à 10 m³/s dans le Rhône, selon une étude réalisée en novembre 2014 par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée
Il reste possible d’augmenter les prélèvements de 5 à 10 m³/s dans le Rhône, selon une étude réalisée en novembre 2014 par l’agence de l’eau Rhône Méditerranée - crédit photo : Site internet planrhone.fr
La Chambre d’agriculture de Vaucluse a lancé en 2017 un nouveau projet d’aménagement hydraulique dans le sud de la Vallée du Rhône. Un projet très bien accueilli par les viticulteurs de la région, car les besoins en eau sont urgents, mais qui devront encore patienter plusieurs années...

Un projet d’aménagement hydraulique est actuellement en train de voir le jour dans les départements du nord-Vaucluse et du sud-Drôme, couvrant 150 000 ha et 81 communes. Baptisé « Hauts de Provence rhodanienne », il devrait déboucher, d’ici dix ans, sur la construction de canaux d’irrigation à partir du Rhône, afin notamment d’alimenter en eau les parcelles agricoles et viticoles. Ce fleuve constitue une ressource en eau « régulière, importante » et excédentaire par rapport aux quantités prélevées par l’agriculture. Outre cette ressource, le projet consisterait aussi à compléter l’approvisionnement par d’autres solutions, encore à l’étude, comme des forages collectifs ou des retenues collinaires pour les secteurs plus éloignés ou en altitude.

Ce secteur est en effet confronté à une baisse des disponibilités en eau de plus en plus prégnante au fil du temps, avec des cours d’eau asséchés, des restrictions de prélèvements de plus en plus fréquentes, la fin du prélèvement dans la nappe phréatique, ou encore la perspective de devoir économiser 8 millions de m3 d’eau prélevée d’ici 2021.

Des besoins urgents en eau pour les viticulteurs

La Chambre d’agriculture de Vaucluse, à l’initiative du projet et maître d’œuvre, aidée de son homologue de la Drôme, a organisé en mai 2017 des réunions d’informations, qui ont attiré de nombreux agriculteurs et viticulteurs. Ils ont ensuite sondé leurs besoins en eau par l’envoi de 3900 questionnaires. 850 ont répondu, dont de nombreux viticulteurs : « Ils sont très demandeurs car les besoins sont urgents et importants, témoigne Loriane Chambon, chargée de mission sur le dossier à la Chambre d’agriculture. Globalement, le projet est très bien accueilli par les professionnels ; ils sont très enthousiastes et impatients ».

La seconde étape va désormais consister à étudier et cibler les secteurs et exploitations jugés prioritaires, car le développement de ce nouveau réseau se fera progressivement. Il s’agira aussi d’évaluer pour chacune la rentabilité économique de l’investissement.

Cette enquête devrait se terminer au printemps 2018. Elle sera ensuite suivie d’une longue période de dépôt et d’instruction du dossier de demande de financements par la Commission européenne… « Les premiers coups de pioches ne devraient donc pas être donnés avant 2023 », estime Loriane Chambon. 

 

Carte : Le périmètre, délimité en blanc, concerné par le projet d’aménagement hydraulique à partir du Rhône s’étend de Grignan les Adhémar au nord (Drôme) à Sorgues au sud (Vaucluse)

 

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