LE FIL

Salon de plein air

Les surprises de Tech et Bio

Vendredi 22 septembre 2017 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 25/09/2017 16:55:42

Alexandre Prévault sur son tracteur électrique à Tech et BioAlexandre Prévault sur son tracteur électrique à Tech et Bio - crédit photo : B. Collard
Une toute jeune société a présenté le premier tracteur interligne électrique. Une autre start up industrielle a dévoilé un paillage écolo. Et on a assisté aux prémices du retour des traitements d'hiver à Tech et bio, les 20 et 21 septembre.

Il suffisait de demander et Alexandre Prévault vous faisait une démonstration de son tracteur électrique. Un engin très maniable, capable de tourner sur lui-même, et silencieux. A l’arrière, il avait accroché un outil à dent. « Notre tracteur ne pèse que 450 kg. Avec 25 CV, nous délivrons autant de puissance qu’un tracteur classique de 40 CV. On travaille 8 heures avec une batterie pleine et une recharge coûte 1 € », assure le jeune entrepreneur, fondateur de Sabi Agri. Tout est électrique : les moteurs, le relevage, la direction, la prise de force (en option).

"Une forme qui détonne"

De par sa forme aussi, ce tracteur détonne : on dirait une plateforme roulant au ras du sol. Le poste de conduite est à une soixantaine de centimètres du sol. Entre le siège et les roues avant, il n’y pas pas de moteur, mais une petite plate-forme où l’on pose ce que l’on veut. On peut accrocher des outils à l’avant, entre les roues et à l’arrière.

Les roues avant sont libres. Il n’y a pas de direction. L’engin tourne lorsqu’une des deux roues arrière motrices tourne plus vite que l’autre. Et lorsqu’une roue tourne dans un sens et l’autre en sens inverse, le tracteur tourne sur lui-même.

Cette conception convient tout à fait aux terrains plats et réguliers mais pas aux vignes en contre-pente où un tel tracteur serait constamment entraîné vers le bas de la pente comme ses roues avant sont libres. Pour ces situations, Sabi Agri prépare un engin à chenilles. L’entreprise se dit prête à livrer ses premiers modèles en avril prochain. Prix : 29800 €.

"Retour des traitements d'hiver"

A Tech et Bio, salon qui s’est tenu à Bourg lès Valence les 20 et 21 septembre, on a aussi découvert de nouveaux traitements d’hiver. S’il est un endroit où l’on ne s’attendait pas cela, c’est bien sur un salon bio. Et pourtant si !

UPL a annoncé l’homologation de Polythiol, un nouveau produit contre les cochenilles, l’érinose et l’acariose. Il s’agit d’une huile de paraffine, avec du soufre comme adjuvant. Polythiol s’emploie au stade gonflement des bourgeons, du stade 3 au stade 7. C’est un produit sans équivalent contre les cochenilles et un concurrent du soufre contre l’acariose et l’érinose.

Chez Vivagro, les choses se présentent différemment. Cette société attend des extensions d’homologation de Limocide/Essen’ciel, son huile essentielle d’orange douce déjà autorisée contre le mildiou et l’oïdium. Bientôt, on pourra l’employer également contre l’érinose, les cicadelles vertes et les thrips. C’est contre l’érinose qu’on l’emploiera en traitement d’hiver, « comme le soufre, dosé entre 0,8 et 1% volume/volume », explique la société.

Frédéric Roure, directeur de Géochanvre

Géochanvre s’attaque à un problème bien plus universel : l’entretien des rangs. Basée en Bourgogne, cette start up industrielle s’est lancée dans la fabrication des toiles de paillage à base de chanvre. Elle produit un non tissé, rien qu’avec de la paille de cette plante, par hydroliage. Le procédé consiste à projeter de l’eau à très haute pression sur cette paille hachée. Et les fibres se lient entre elles. Mais ces toiles ne durent deux saisons, au mieux. Insuffisant pour la viticulture.

Pour s’attaquer à ce marché qu’elle juge prometteur, Géochanvre a conçu une toile bicomposés, formée d’une couche de plastique biodégradable (PLA) et d’une couche de chanvre. Dénommé Longprotect, ce paillage « dure au moins 36 mois », assure Frédéric Roure, directeur de l’entreprise (en photo). Ce dernier met au point une dérouleuse pour poser cette toile sur les vignes en place.

"A la recherche d'un prestataire"

Monté sur un enjambeur, l’engin pose une bande d’un côté du rang, puis une deuxième bande de l’autre côté, dans le même passage. Les deux bandes se recouvrent pour bien empêcher toute mauvaise herbe de pousser. Avec un cutter, on les découpe au niveau de chaque pied pour qu’elles reposent bien à plat, puis on les agrafe avec une agrafeuse à carton. « J’ai essayé. Je vous assure ça marche ! » promet Frédéric Roure qui travaille avec le CIVC en Champagne et cherche des prestataires de service pour se lancer dans l’aventure. La toile coûte 1,10 €/m2. Avis aux intéressés.

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