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Champagne Jeeper vendange pied par pied 3 hectares

Jeudi 21 septembre 2017 par Marion Bazireau

Une fois en cave, les cagettes ont été pesée et dispatchées en plusieurs lots.
Une fois en cave, les cagettes ont été pesée et dispatchées en plusieurs lots. - crédit photo : Champagne Jeeper
La Maison Jeeper a récolté 3 ha pied par pied grâce à 10 000 petites cagettes. Elles les a séparées selon leur poids et vinifiées séparément. L’objectif est de comprendre l’incidence de la charge des ceps sur la qualité finale du champagne.

Le 10 septembre, Nicolas Dubois, directeur de la Maison de Champagne Jeeper, est venu à bout d’une semaine de vendanges inédites. Pour comprendre l’incidence de la charge des ceps sur la qualité de son champagne, il s’est embarqué dans un gros chantier : récolter pied par pied 3 hectares de chardonnay, pinot meunier et pinot noir.

Comme un hectare compte 8400 pieds, il a loué 10 000 petites cagettes repliables en plastique. Il a fortement effeuillé les vignes pour faciliter le travail des vendangeurs. Ceux-ci ont finalement réussi à remplir 6000 caisses par jour. « 10 personnes ont coupé, une par rang, et 8 personnes se sont occupées de l’intendance : déposer une caisse à chaque pied, les ramasser pour les déposer dans un camion, les peser à l’arrivée en cave et les dispatcher selon leur poids », détaille-t-il.

La récolte de chaque parcelle a été séparée en 4 lots. Le directeur a classé les cagettes par palier de 600 grammes sur le pinot noir (moins de 600 grammes ; entre 600 et 1200 grammes, entre 1200 et 1800 grammes ; ou plus de 1800 grammes), 700 grammes sur le pinot meunier et 800 grammes sur le chardonnay. En moyenne, les cagettes de pinot noir pesaient 1,6 kg, celles de pinot meunier 1,2 kg et celles de chardonnay 1,4 kg.

Ces vendanges ont été très gourmandes en main d’œuvre, notamment au chargement du pressoir, « mais elles ont eu le mérite de peu triturer les raisins. D’ailleurs, nous avons obtenu des jus plus clairs que d’habitude ». Les grappes sont passées dans un pressoir pneumatique d’une capacité de 2000 kgs. 

Le grand écart sur pinot noir

Avant de les entonner dans des demi-muids de 6 hl Nicolas Dubois a fait analyser les moûts. « Sur le pinot noir, le rapport sucres sur acidité a varié du simple au triple en fonction du chargement des ceps. Les baies issues des pieds les moins chargés étaient plus sucrées et moins acides. La spectrométrie a également révélé des différences de couleur ». A la dégustation, certains moûts ont été jugés déséquilibrés. « Nous avons parfois rencontré des notes herbacées sur les moûts issus des plus petits raisins, dont la maturation n’est pas allée assez loin ». Les analyses et la dégustation ont moins fait apparaître de différences sur le pinot meunier et, surtout, sur le chardonnay.

Nicolas Dubois attend désormais de goûter les vins finis. L’année prochaine, il renouvellera l’expérience. « En plus, je vais investir dans un pressoir à maie inclinée pour avoir des vins moins troubles ». Pour rentabiliser ces investissements, il compte lancer de nouvelles cuvées.

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