LE FIL

Bilan de la récolte

Crémants qui rient, crémants qui pleurent

Jeudi 14 septembre 2017 par Bertrand Collard

Olivier Sohler, directeur de la fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant et Frank Vichet, président
Olivier Sohler, directeur de la fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant et Frank Vichet, président - crédit photo : B. Collard
Toutes les régions productrices de crémant ne sont pas logées à la même enseigne. La Bourgogne et le Val de Loire ont sauvé les meubles quand l'Alsace, Bordeaux et le Jura subissent une très forte baisse de leur récolte.

« L’an dernier, nous avons récolté 295 000 hl de crémant d’Alsace. Cette année, nous serons contents d’arriver à 230 000 hl », annonce Hervé Schwendenmann, président du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace, alors que les vendanges sont terminées dans cette région. En cause, le gel d’avril et la sécheresse. Ces deux calamités entrainent ce recul de 22 % de la récolte.

 

Malgré tout, la production de crémant résiste un peu mieux que celle de la région toute entière.

"Des ajustements au détriment des vins tranquilles."
En effet, l’Alsace s’attend à une récolte de 850 000 hl soit 28 % de moins qu’en 2016. « Comme le crémant est ramassé en premier, on peut faire des ajustements, explique Olivier Sohler, directeur de la fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant, et lui-même Alsacien. On peut récupérer des parcelles initialement destinées aux vins tranquilles, à condition qu’elles répondent au cahier des charges le plus strict de la région ».

De nombreux viticulteurs ont fait ce choix pour alimenter leurs marchés en croissance ou alléchés par les prix offerts cette année : jusqu’à 3 €/l de moût contre 2,20 €/l l’an dernier à la même époque.

Malgré tout, le compte n’y sera pas. « Si on arrive à maintenir nos marchés, ce sera une prouesse », reconnaît Hervé Schwendenmann.

A Bordeaux aussi, « il y a eu une mobilisation pour le produit, pour ne pas casser un marché en croissance, indique Dominique Furlan, président du crémant de Bordeaux et des Vignerons de Saint Pey de Génissac. Nous devrions produire entre 40000 et 45000 hl contre 65000 hl l’an passé. »

"Une coop paie les frais de vendange"

Pour inciter ses producteurs à livrer en crémant, cette coopérative a pris en charge les frais de récolte manuelle, exceptionnellement cette année. « Nous avons récolté 21000 hl de crémant en 2016. Cette année, nous avions des marchés pour 30000 hl. Nous ne produirons que 15000 hl », déplore Dominique Furlan. Dans le Jura, la situation est encore pire. « L’an dernier, nous avons produit 25000 hl de crémant. Cette année, nous ferons 10000 hl, au mieux », annonce Frank Vichet, président de la fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant et de celle du Jura.

"Stabilité en Bourgogne et dans le Val de Loire"

En revanche, la production de crémant de Bourgogne et de Loire devrait être stable. La Bourgogne a peu souffert du gel, sauf le Châtillonnais. Et le sud du Beaujolais (qui entre dans l’aire du crémant) a subi la sécheresse. « Les conditions ont été plus favorables qu’en 2016, résume Pierre du Couëdic directeur de l’union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne. Nous devrions récolter 150000 hl, un volume équivalent à l’an dernier. »

Même optimisme prudent en Anjou-Saumur, le bassin de production du crémant de Loire, où l’on s’attend à un volume proche de 126000 hl comme en 2016.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé