LE FIL

Panneaux récupérateurs

Les bonnes pratiques pour sécuriser le nettoyage de son pulvé

Mardi 12 septembre 2017 par Alexandre Abellan

 Pour sécuriser ces opérations de nettoyage, il faut prendre en compte « des projections importantes et des brouillards dus au nettoyeur haute pression, des frottements à l’intérieur des panneaux pour dégrossir les résidus et des contacts pour accéder aux filtres… Et des risques de chute s’il faut monter sur la cuve » liste Bruno Farthouat. Pour sécuriser ces opérations de nettoyage, il faut prendre en compte « des projections importantes et des brouillards dus au nettoyeur haute pression, des frottements à l’intérieur des panneaux pour dégrossir les résidus et des contacts pour accéder aux filtres… Et des risques de chute s’il faut monter sur la cuve » liste Bruno Farthouat. - crédit photo : MSA Charentes
Si la pulvérisation confinée permet de réduire les dérives et pertes de produits phyto, cette technologie occasionne d'avantage de projections et deux à trois fois plus de temps de nettoyage. Une exposition nécessitant une attention particulière alerte la MSA.

Faute de conception suffisament optimisée par les constructeurs, « pour améliorer le nettoyage des panneaux récupérateurs, il n’existe pas de solution fantastique… Il reste beaucoup à faire pour que cela soit satisfaisant » pose sans ambages Bruno Farthouat, le référent viticulture de la MSA de Charente. Pour améliorer la sécurité d’une activité « dangereuse, mais nécessaire », l’expert présentait ce 7 septembre une plaquette d’observations lors du forum pulvé des chambres d’agricultures charentaises, à Saint-Preuil (domaines Rémy Martin).

Se basant sur les bonnes pratiques d’une dizaine d’exploitations charentaises, cette note préconise d’emblée aux opérateurs de porter des Équipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés durant toute la durée de la manipulation. Sachant que ces travaux peuvent prendre 2 à 3 heures, soit 2 à 3 fois plus de temps que pour un pulvé traditionnel. Bruno Farthouat préconise comme EPI une combinaison de type 3, des bottes, des gants nitrile à manchette longue et un masque de protection A2P3 protégeant le visage.

"Réaliser un nettoyage limitant les projections et les postures hautes"

L’expert découpe le nettoyage d’un pulvé confiné en quatre étapes. Il conseille d’abord un lavage dégrossissant au jet d’eau basse pression (de l’extérieur, de la turbine, de l’intérieur et du filtre du pulvé), puis le passage d’un produit de nettoyage sur l’extérieur (sans pouvoir en conseiller un, faute d’unanimité des utilisateurs), ensuite un rinçage avec un nettoyeur haute pression à eau chaude (de préférence avec un réglage de la pression à la lance), et enfin d’étaler des produits antiadhérents pour réduire les salissures (type vaseline et lubrifiants).

Pour sécuriser les opérations de lavage des panneaux récupérateurs, la MSA conseille aux domaines d’aménager une zone de travail adaptée. Qui soit moins bricolée que réfléchie pour cet usage. Bruno Farthouat conseille de choisir un moyen sécurisé d’accès en hauteur sur la zone de nettoyage. Pour nettoyer plus efficacement et confortablement les panneaux, il peut s’agir d’un escabeau roulant sécurisé, d’une passerelle roulante, d’une passerelle fixe…

À intégrer dès la construction

Faisant suite à une étude préliminaire (réalisée il y a deux ans avec de la fluorescéine pour visualiser les éclaboussures causées, de la tête aux pieds), cette plaquette préconise finalement de prendre en compte la sécurité des nettoyeurs dès l’achat d’un pulvé confiné. Les critères étant alors les surfaces de panneaux à nettoyer, le nombre et la facilité d’accès aux filtres : hauteur, mais aussi présence d’obstacles à retirer, comme des mousses, ou d’éléments à démonter type ailettes et parties métalliques…

Mais la préoccupation du nettoyage devrait être intégrée dès la conception machine par les constructeurs plaide Bruno Farthouat. « Quand on regarde les notices d’utilisation d’un panneau récupérateur, il y a peu de conseils pour le nettoyer » souligne-t-il. Concluant sur un idéal, hélas encore chimérique : « dans mes rêves, il existe une station de nettoyage automatique des pulvés, comme pour les voitures. En attendant, on a encore pour quelques années de lavage manuel. »

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