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Vins en vrac
Le Val de Loire à l'épreuve de la hausse des cours

Conséquences mécaniques de la petite récolte 2016, le repli des échanges en vrac et la hausse des cours sont particulièrement visibles sur les blanc. Et notamment en Muscadet, tandis que les rosés et crémants sont stabilités.
Par Alexandre Abellan Le 05 septembre 2017
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Le Val de Loire à l'épreuve de la hausse des cours
Témoignant d’un palier de maturité, les crémants de Loire ont vu leurs cours se stabiliser à 184 €/hl quand leurs volumes se repliaient à 42 000 hl (-10 %). - crédit photo : InterLoire
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vec 578 000 hectolitres de vins en vrac* contractualisés, la campagne de transaction 2016-2017 affiche un repli de 4 % selon l’interprofession des vins du val de Loire (InterLoire). Notable, ce repli est la conséquence directe de la petite récolte de 2016, marquée par le gel, la grêle et le mildiou (2,11 millions d’hectolitres récoltés -23 % par rapport à 2015). Malgré de faibles disponibilités, l’activité a pu rester soutenue grâce aux stocks, sans pour autant s’emballer.

« On s’attendait à ce que la campagne soit précoce, mais finalement elle s’est trouvée dans la normale. Le négoce ne s’est pas rué sur les achats en décembre, attendant janvier-mars, grâce au matelas des achats de raisins/moûts et des stocks à la propriété* » analyse Fanny Gillet, la responsable du service économique d’InterLoire. « La petite récolte en Muscadet explique en grande partie la baisse des achats de vrac en val de Loire » résume l’économiste.

138 €/hl en Muscadet

Avec 130 000 hl échangés en 2016, l’ensemble du Muscadet enregistre une baisse de 40 % de ses transactions (et de son stock, passant de 8 à 4 mois). L’appellation régionale Muscadet pesant pour 55 200 hl (-34 %), affichant un cours moyen de 138 euros l’hectolitre (+62 %), tandis que le Muscadet Sèvre-et-Maine sur lie représente 39 700 hl (-52 %), valorisés à 163 €/hl (+28 %). « On est arrivés à un niveau de rémunération raisonnable, que l’on souhaite inscrire dans le temps » souligne le vigneron Olivier Martin, le porte-parole de la Fédération des vins de Nantes.

Alors qu’une récolte entamée par le gel se profile en 2017, tout l’enjeu est de continuer à éviter un emballement des prix dans le Muscadet, où le souvenir du décrochage des marchés 1991 reste vivace. « On va chercher à rendre disponible tout hectolitre qui pourra être débloqué sur la prochaine campagne. Par exemple en autorisant, sur dérogation individuelle, les rendements butoirs » précise Olivier Martin, alors que de beaux rendements semblent atteints dans les zones épargnées par le gel du printemps.

Campagne chaotique

Prenant du recul, Christine Touron-Lavigne, la présidente du Syndicat des Courtiers en vins du Val de Loire, donne un son de cloche plus mitigé. « La campagne a été chaotique. Non-négligeables, les évolutions de prix commencent à peser. On a senti un ralentissement en fin de campagne » analyse la courtière. La crainte de manque de vin du négoce se heurte désormais à une commercialisation ralentie sur les blancs. Il faut dire que, presque, tous les cours se sont valorisés. Qu’il s’agisse du Touraine blanc (avec 42 400 hl à 220 €/hl, respectivement +4 et +7 %) ou des IGP Val de Loire (les transactions de chardonnay et sauvignon blanc sont en repli de 15 % en volume, pour 126 et 137 €/hl, +2 et +12 %).

Si les principaux metteurs en marché ne veulent pas communiquer sur le vrac en Loire, « tous les vracqueurs font face au même problème » commente, anonymement, un acteur du marché. « Les vignerons veulent faire supporter au négoce les augmentations des petites années au négoce. Ce qui ne satisfait pas le négoce, qui ne peut pas répercuter les hausses à ses acheteurs. Au moins a-t-on évité que le Muscadet passe à 380 €/hl » soupire-t-il, espérant que la récolte soit plus généreuse qu’attendue. « Après des années de sinistre, Vouvray va faire une belle vendange, on peut être optimiste » lâche-t-il.

Éloge de la stabilité

Parmi les AOC maintenant, à contre-courant, leurs cours sur la campagne, on note les deux principales appellations angevines : cabernet d’Anjou (128 000 hl à 182 €/hl) et rosé d’Anjou (39 200 hl à 154 €/hl) « La campagne du cabernet d’Anjou a été sereine. On a ce qu’il faut en stock pour faire la transition avec le prochain millésime. Le rosé d’Anjou est plus compliqué, avec des stocks à cause de la perte des marchés belges et hollandais » commente Christine Touron-Lavigne.

Pour une appellation modèle, sans à-coup de prix, la courtière cite Saumur Champigny, qui maintient ses cours à 285 €/hl (l’Anjou ayant été peu concernée par les deux dernières petites récoltes). Face à l’enjeu de la production 2017, elle conclut que « si la récolte correspond aux besoins, il n’y a pas de raison qu’il y ait de hausses de prix. Il faut être prudent et vigilant pour ne pas casser ce qui fonctionne. »

 

* : Sur l’année mobile s’achevant au 31 juillet 2017, le négoce a également acheté 185 300 hl de moûts (-22 %), 70 700 hl de raisins (-16 %) et 42 400 hl de bouteilles (+1 %).

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