LE FIL

Affaire Albrecht

« Justice, réveille toi ! »

Jeudi 24 août 2017 par Christophe Reibel

Les manifestants avaient confectionné un chèque factice de 14 M€, montant estimé du passif laissé par la maison de négoce défaillante en 2012.Les manifestants avaient confectionné un chèque factice de 14 M€, montant estimé du passif laissé par la maison de négoce défaillante en 2012. - crédit photo : Christophe Reibel
Le temps pris par la justice pour avancer dans l’instruction de la défaillance du négociant Jean Albrecht en 2012 a amené plus de 200 viticulteurs à manifester le 23 août devant le tribunal d’instance de Colmar pour demander une accélération de la procédure.

Les quelque 140 viticulteurs à qui le négociant Jean Albrecht n’a pas réglé pour quelque 9 M€ de vins et de raisins avant de fermer boutique en 2012 en laissant une ardoise aujourd’hui estimée à 14 M€ veulent croire que leur dossier va avancer. La manifestation de soutien organisé le mardi 23 août à Colmar par l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) a réuni plus de 200 adhérents du syndicat de défense de l’appellation. Leur cortège encadré par cinq tracteurs vigneron s’est rendu au tribunal d’instance pour faire passer deux messages clairs : stigmatiser la lenteur de la justice et protester contre son refus d’accorder en avril dernier le statut de partie civile à 123 vendeurs de vins ou de raisins qui le demandaient.

Un drame économique et humain

« C’est insupportable alors que le dossier présenté comportait toutes les preuves des infractions commises ! Justice réveille toi ! » s’est exclamé au porte-voix sur les marches de l’institution judiciaire Jérôme Bauer, président de l’Ava, après avoir rappelé les principaux événements de cette affaire qui a conduit à « un drame économique et humain ». L’Ava rassemble actuellement des pièces complémentaires pour présenter un dossier en cassation dans l’espoir que cette chambre accède à la demande de constitution de partie civile.

Etablir les responsabilités

Une délégation de la Confédération paysanne attendait le convoi de l’Ava sur place. Le syndicat dont quatre membres bénéficient du statut de partie civile, souhaite comme l’Ava que les choses bougent. Les deux syndicats réclament notamment que le grand livre comptable soit versé aux pièces de l’enquête afin qu’il puisse être établi qui sont « les bénéficiaires des infractions relevées ». La Confédération s’interroge sur le rôle joué par certains courtiers et l’un ou l’autre grand opérateur du vignoble. Pour sa part Jérôme Bauer résume : « tous ceux qui de près ou de loin portent une responsabilité dans ce dossier doivent les assumer ! ».

 

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