LE FIL

Au petit bonheur la chance

Vendredi 28 juillet 2017 par Alexandre Abellan

Les Joueurs de Carte, de Paul Cézanne.Les Joueurs de Carte, de Paul Cézanne. - crédit photo : Barnes Foundation

Après plus d’un an d’expressions illicites du malaise languedocien à l’encontre des importations espagnoles, le premier comité franco-espagnol vitivinicole vient de se réunir. Avec pour juges de paix rien de moins que les ministres de l’Agriculture des deux pays concernés. Le dialogue est officiellement noué, et doit désormais se poursuivre en groupes de travail sur la compétitivité et la réglementation des filières. Les conclusions n’étant pas attendues avant juin 2018, l’attente semble déjà bien trop longue pour le vignoble du Midi. Dont les représentants espérent bien un geste fort à l’issue de leur rencontre, lundi prochain, avec le cabinet du ministre de l’Agriculture.

Alors que vendanges s’approchent à grande vitesse, le ressentiment reste fort dans le bassin méditerranéen. La conclusion de la campagne vrac est globalement mitigée, le retard de commercialisation n’étant pas résorbé et les cours restant orientés à la baisse. Alors que les stocks pèsent autant sur la cuverie que sur le moral, le vignoble craint que le négoce fasse pression sur les prix. Mais d’autres voix se veulent rassurantes, estimant que la petite récolte qui s’annonce en Languedoc (ainsi que dans le reste de la France, en Italie, en Espagne…) est l’occasion pour le Midi d’apurer ses stocks. D’autant plus que les importations françaises de vins espagnols seraient désormais orientées à la baisse.

Le sort du bassin viticole semble de nouveau suspendu à un fil. Ténu. Son issue dépendant encore d’incidents rééquilibrant aléatoirement l’offre et la demande. Pour éviter de subir de nouveau ces coups du sort, dans un sens ou dans l’autre, la demande de création d’un observatoire de la prospective économique dédié à la filière vin prend tout son sens. Appelé de ses vœux par filière française, cet outil de pilotage et d’anticipation semble également séduire l’Espagne. Reste à entraîner d’autres pays producteurs et surtout à espérer que la Commission Européenne ne mette pas son veto, comme par le passé. Quant à la poursuite, ou non, des manifestations languedociennes et vidanges de cuves espagnoles, réponse à la rentrée.

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