LE FIL

Vers de la grappe

Euralis met à l’essai un piège connecté

Mardi 04 juillet 2017 par Alexandre Abellan

Également batipsé « TrapV » ou « iTrap », le piège connecté se veut la nouvelle génération de filet à papillons.
Également batipsé « TrapV » ou « iTrap », le piège connecté se veut la nouvelle génération de filet à papillons. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Permettant de suivre quotidiennement les populations de tordeuses dans le vignoble, le prototype TrapView donne à voir les possibilités de la nouvelle génération de piège eudémis/cochylis.

À l’état de prototype, le piège autonome des tordeuses de la grappe TrapView est prometteur, mais ne pourra pas se substituer pas aux pièges classiques. Et encore moins au passage régulier d’experts sur le terrain estime Éric Capredon, le responsable des expérimentations viticoles du distributeur Euralis. À l’occasion d’une matinée technique, ce 28 juin au château la Guillaumette (Entre-deux-Mers), l’expert a commenté les premiers résultats de ce système de piégeage connecté. Autonome avec ses cellules photovoltaïques, l’appareil possède un objectif haute définition prenant une photo par jour de sa surface de piège. Communiquant le cliché par GPRS, TrapView déroule progressivement le rouleau englué lui servant de piège, permettant chaque jour d’avoir une nouvelle surface propre.

Développé par l’entreprise slovène EFOS (dans le cadre d’un projet de recherche européen), TrapView est depuis un an à l’essai chez un domaine du réseau DEPHY d’Euralis. Il s’agit cependant d’une ancienne version, moins sélective que celle présentée avec sa cheminée, ayant une ouverture laissant passer de plus nombreux insectes. Les équipes d’Euralis comparent les résultats du piège connecté à ceux de pièges traditionnels voisins.

"Suivre les vols de mai et d'août"

« Nous n’avons pas été satisfaits des premiers résultats » glisse Éric Capredon, qui fait état de réglages défaillants de l’appareil photo et du logiciel d’identification proposé. La copie ayant été revue, les expérimentateurs sont désormais enclins à louer le système. D’autant plus qu’« avec une photo quotidienne, l’outil permet de suivre les vols de mai, qui sont souvent peu documentés, et surtout les vols d’août, alors que nos releveurs de piège sont souvent en congés » souligne Marc Francolon, porteur de projet R&D chez Euralis.

Ces mesures étant d’autant plus intéressantes que c’est au cœur de l’été que les vers de la grappe sont à surveiller de près. Arrivant avant les vendanges, « la troisième génération d’eudémis* est la plus préjudiciable pour la récolte. Il faut une pression phénoménale pour qu’il y ait des pertes de rendements, mais il n’est pas rare d’avoir des dégâts de pourritures acétique ou grise avec les perforations » confirme Antoine Verpy, animateur du GDON du Libournais.

Pour l’instant, 1 000 € la location de 3 ans

Nerf de la guerre, le prix de TrapView est encore à prendre avec des pincettes. Sa formule actuelle coûte 1 000 euros pour une location de trois ans. Prix auquel s’ajoute une souscription au logiciel d’identification développé par EFOS. « Malgré un investissement élevé, cela coûtera toujours moins cher qu’une personne allant tous les jours relever un piège » nuance Marc Francolon.

Mais quelle que soit la technique de piégeage, l’utilisation de leurs données doit rester cohérente. « Un piège est une horloge. Permettant de savoir où l’on se situe dans le cycle. Le nombre de papillons n’indique pas la pression des vers de la grappe, dépendant de la dose de phéromone de la capsule » prévient Antoine Verpy, pour qui les comparaisons de captures
n’ont de sens quantitatif qu’en cas de réseau uniformisé.

 

* : N’ayant que deux générations sur une campagne viticole, cochylis semble en regard moins préjudiciable sur le vignoble bordelais.

 

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