LE FIL

Des deux côtés de la Manche

La perspective de longues négociations de Brexit ravit la filière vin

Mercredi 21 juin 2017 par Alexandre Abellan

Plus d’un an après le vote du Brexit, Vinexpo organisait une véritable opération de clarification au parc des expositions de Bordeaux.Plus d’un an après le vote du Brexit, Vinexpo organisait une véritable opération de clarification au parc des expositions de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Si l’incertitude persiste, le début des négociations britannico-européennes permet aux filières d’affirmer leurs aspirations partagées : l’obtention d’une phase de transition pour avoir le temps de fignoler un accord de libre-échange.

« Au niveau de la filière européenne des vins, notre objectif est que le Brexit soit un non-évènement. Qu’il y ait le moins de changements dans les flux commerciaux avec le Royaume-Uni » pose ce 20 juin à Vinexpo Jean-Marie Barillère, le président du Comité Européen des Entreprises Vins (CEEV). « En fait, nous allons devoir énormément travailler ensemble pour rien » résume avec flegme Miles Beale, le directeur général de l’Association anglaise du commerce des vins et spiritueux (WSTA).

Répétant un numéro déjà rôdé lors de la London International Wine Fair, le lobbyiste anglais soulignait une évolution aussi récente que notable : « après un an où il n’y a eu aucune avancée, il y a enfin un peu de mouvement ». Après la première rencontre entre Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne, et David Davis, le ministre anglais en charge du Brexit, Miles Beale semblerait même d’humeur optimiste. Après des mois à réclamer que les besoins des acteurs économiques soient pris en compte, la WSTA se réjouit que David Davis se soit aligné sur cette position, et envisage désormais une période de transition, avant la mise en place d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

"Deux ans, c'est trop court. Dix ans, c'est trop long. Cinq ans, ce serait parfait"

« La grande crainte de nos filières était que le Brexit soit trop rapide » explique Miles Beale, qui table sur cinq ans de négociation et de transition avant d’aboutir à un accord définitif. Donnant de la visibilité à la filière, ce calendrier lui permet de se préparer à toute modification des cadres douaniers, afin de limiter tout risque de rupture des flux commerciaux. « Après deux ans de négociations on devrait avoir un accord de libre-échange. On espère qu’il sera le plus proche possible de l’existant, avec des droits de douane nuls. C’est un objectif simple, mais au combien ambitieux » glisse Jean-Marie Barillère. Qui ne craint qu’une chose, que des déclarations et initiatives politiques vindicatives puissent créer un ressentiment britannique pour les produits européens en général, et les vins en particulier. Sur certains marchés, « la France ne s’est jamais vraiment remise de la polémique contre les essais nucléaires de 1995-1997 » souligne-t-il.

 

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