LE FIL

Méventes de vin en ligne

L’enquête 1855.com prend, enfin, un nouveau départ

Dimanche 18 juin 2017 par Alexandre Abellan

Ayant monté ce qui s’apparente à une pyramide de Ponzi des primeurs sur internet, Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon n’ont jamais été auditionnés.
Ayant monté ce qui s’apparente à une pyramide de Ponzi des primeurs sur internet, Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon n’ont jamais été auditionnés. - crédit photo : Archives Héraclès (ex-1855)
Avec la nomination d’une nouvelle juge, l’instruction au pénal de l'affaire pouvant prétendre au titre de la plus grande escroquerie aux primeurs, semble sur le point d’être relancée. Après deux ans sans la moindre avancée judiciaire.

En prenant connaissance de l’arrêt du président de la chambre d’instruction de Paris, les 11 000 créanciers réclamant 40 millions d’euros pour non-livraison de vins commandés via le site 1855.com ont repris espoir dans l’issue de cette saga judiciaire. Dans son arrêt du 6 juin 2017, le magistrat parisien a en effet décidé de changer de juge d’instruction en charge du dossier au pôle financier. Afin d’approfondir l’enquête pénale qui vise le groupe 1855, et ses dirigeants (en tant personnes morales, mais aussi son président, son directeur et tout complice en tant que personnes physiques).

Saisie directe

Hautement inhabituelle, cette décision pourrait annoncer une prise de conscience des pratiques de la défunte plateforme de vente de vin en ligne. Voire de la fin de l’apparente immunité dont bénéficient les anciens dirigeants de 1855.com, note un expert du dossier. Depuis le lancement des investigations, au début 2014, ni le président fondateur de 1855.com*, Emeric Sauty de Chalon, ni son directeur général, Fabien Hyon, n’ont en effet été entendus par la justice. Demandant à la nouvelle juge d’instruction de reprendre les investigations, le magistrat sort l’emblématique dossier des oubliettes.

"Ventes à découvert"

Fondé en 1995, le site 1855.com a été liquidé en janvier 2015. Si l'avancée de la procédure civile reste floue, le volet pénal pourrait donc connaître un second souffle. Parmi les plaignants, se trouve une majorité d’acheteurs particuliers non-livrés (notamment pour des primeurs de grands crus bordelais). Mais aussi des représentants du vignoble (Conseil des Grands Crus Classés en 1855, Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Union des Maisons de Bordeaux, Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux…), reprochant au site sa publicité mensongère (ventes à découvert, contrairement aux promesses de l’époque) et son détournement de la mention 1855 (entraînant une confusion avec le célèbre classement des Graves, Médoc et Sauternes).

 

* : Ou pour être plus précis, du groupe Héraclès.

Précédente condamnation

À noter que le président de 1855.com, Emeric Sauty de Chalon a déjà été sanctionné pour information non sincère par l’Autorité des Marchés Financiers. Avec 150 000 euros d’amende, pour manquement à l'« information exacte, précise et non trompeuse du public » et pour « information privilégiée », en amont de l'achat du site de vente en ligne CavePrivée.com (en 2012).

Tags : Justice

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VOS RÉACTIONS
gregU Le 07 septembre 2018 à 20:00:47
1 an plus tard pas de nouvelles ! un voleur de voiture passe en comparution immédiate ..11000 PLAINTES et des couvertures par des politiques , des banques , HEC et j'en passe …. merci et vive la France
Frédéric S. Le 21 mai 2018 à 12:12:51
Ces voyous sont vraiment des escrocs, ils n'ont cessé de se jouer de moi pendant deux ans durant lesquels j'ai attendu en vain la livraison de mes primeurs 2008, me disant qu'ils allaient m'être livrés dès qu'ils seraient achalandés, que mes primeurs étaient sur la plateforme et même, qu'il me fallait verser la TVA avant l'envoi, ce que j'ai fait !!! Ils ne se rendent pas compte de la torture que cela fut pour moi, tous ces appels dans le néant, des dizaines et des dizaines, tous ces mails échangés, des dizaines et des dizaines, tout ce temps passé à espérer encore avoir ces précieuses bouteilles, fruit d'un sacrifice financier important pour moi. Tout ce temps et cette énergie pour finalement rejoindre tous ces autres clients dans une triste aventure judiciaire. Et là encore, quelle déception !!! le tribunal de grande instance rend son jugement, je suis créancier, j'accepte le plan de financement étalé sur huit ans, et au bout de l'année qui aurait dû signifiée le premier versement, c'est encore moi qui appelle le médiateur pour m'entendre dire qu'il n'a pas pu rappeler tout le monde, que la société a été placée en faillite, ce qui rend ma créance caduque. Non mais je rêve !!! c'est le pire cauchemar de ma vie, la sensation de m'être fait arnaquer de beaucoup de mes économies pour ma passion que représente le vin, par ces individus qui s'en moquent royalement, qui ne se rendent pas compte du mal qu'ils m'ont fait... Et qui peuvent aujourd'hui diriger une autre entreprise comme si de rien n'était !!! De qui se moque-t'on ? C'est certain, je suis marqué à vie par cette injustice, cela fait maintenant dix ans que j'ai commandé ces trois bouteilles de grands bordeaux en primeur qui devaient être ma plus grande joie, et je n'oublie pas, et par dessus tout, je ne croie pas en la justice de notre pays. Ce n'ai pas une somme d'argent compensatoire que je voulais, mais ces bouteilles que j'aurais bues, maintenant qu'elles doivent être à leur apogée, et que je n'aurais jamais l'occasion de déguster. F.S
RobertG. Le 30 juin 2017 à 07:55:34
Si seulement l'enquête pouvait vraiment débuté, que la justice suive son cours normal... Mais il sont clairement protégés ces filous, par qui et quoi, le saura-t-on jamais?
dp Le 30 juin 2017 à 01:57:58
Que la justice soit faite enfin et que ces personnes soient condamnées à vie à ne pouvoir exercer directement ou indirectement aucune activité commerciale. full stop.
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