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Le point sur la situation dans les vignobles de l’Ouest

Mardi 02 mai 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Le gel a durement frappé les vignes du bordelais.
Le gel a durement frappé les vignes du bordelais. - crédit photo : Finamor
Bordeaux, Cognac et Muscadet ont été râpés par les gelées les 26, 27 et 28 avril. Point intermédiaire sur la situation.

Les gelées du 26 au 29 avril ont touché une grande partie des vignobles français. À Bordeaux, Cognac et Muscadet, la situation est comme ailleurs : désolante. Réagissant très rapidement aux évènements gelifs, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux a envoyé un communiqué de presse donnant les premières estimations : entre 20 et 100 % d’intensité et les 65 appellations de Bordeaux concernées. « Nous estimons les pertes de volume entre 30 et 40 % » précise Stéphane Héraud, président de la Fédération des Coopératives Vinicoles d’Aquitaine. Selon lui, des dizaines de milliers d’hectares sont touchées.

50 000 hectares touchés à Cognac
À Cognac, la situation est également très inquiétante. « Un tiers des surfaces, soit 25 000 hectares sont touchés avec une intensité de plus de 75 %. Un tiers va à peu près bien et nous sommes en train d’évaluer le dernier tiers » indique Alexandre Imbert, directeur de l'UGVC. En tout, 50 000 hectares seraient touchés. « La baisse de récolte reste à évaluer, mais il sera difficile d’atteindre le rendement objectif » complète le directeur. Ce rendement restait encore à être décidé, mais il devait être aligné avec celui de l’an dernier, soit 110 hl/ha.
Enfin, en Muscadet la situation n’est pas plus rose. « Nous avons connu le gel à la fois la semaine du 20 avril et celle du 26 » explique Olivier Martin, porte-parole de l’ODG Muscadet. Les chiffrages n’étant pas encore réalisés, il est encore difficile de dresser un tableau précis de la situation du Muscadet. « C’est difficile de se faire une idée, mais ce coup du gel est au moins aussi important que celui de l’an dernier » explique Olivier Martin.

Stocks faibles en Muscadet

Comment ces appellations vont-elles pouvoir traverser la baisse de récolte déjà acquise ? À Bordeaux, le millésime 2016 avait été généreux. « On était sur une phase de reconquête de marché. Ce gel va mettre un coup d’arrêt à la dynamique engagée » prévoit Stéphane Héraut. De son côté Olivier Martin est visiblement très inquiet : « suite aux aléas climatiques de l’an dernier, les stocks sont déjà très bas ». À Cognac, on pense avoir recours sur la réserve climatique et les stocks de gestion. « Mais, il est certain que cela sera insuffisant » se désespère Alexandre Imbert.
La question de l’assurance revient, évidemment. À Bordeaux, le taux de couverture serait entre 20 et 25 % tandis qu’à Cognac, il est d’environ 15 à 20 %. Et Stéphane Héraud d’expliquer : « il n’y a pas beaucoup d’outils techniques contre le gel. Et ce qui existe n’a pas été très efficace. Nous avons testé l’hélicoptère sur 50 hectares : cela n’a pas marché. La seule solution est l’assurance ».

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