LE FIL

Michel Bettane

2016, le millésime des nouvelles règles du jeu viticole

Samedi 22 avril 2017 par Alexandre Abellan

Pédagogue, Michel Bettane place le millésime « à la jonction de deux évolutions du climat. Un cycle naturel et […] un réchauffement de pollution ».
Pédagogue, Michel Bettane place le millésime « à la jonction de deux évolutions du climat. Un cycle naturel et […] un réchauffement de pollution ». - crédit photo : DR
Dans le dernier numéro de la revue "En Magnum", le critique revient en détail sur la gestation de « 2016, le premier grand millésime du XXIème siècle ».

Dotée d’une mémoire proverbiale, Michel Bettane peut être cru sur parole quand il estime la campagne viticole en 2016 ne ressemble à aucune des nombreuses autres qu’il a suivi en France. Dans le septième numéro d’En Magnum (en kiosque, 7,5 €), il fait ainsi état d’un « millésime aberrant » dans l’Hexagone, marqué par de « violents caprices » qui « balaient bien des certitudes acquises ». Ce qui pousse d’autant plus le critique à saluer « une adaptabilité vraiment surprenante du végétal, qui est passé d’une phase désespérée de blocage de toutes ses fonctions à un épanouissement mystérieux des qualités des fruits ».

À la dégutation, ce cocktail détonnant présente déjà un grand potentiel, en faisant même le « premier grand millésime du XXIème siècle » par la revue. « Un profil qui deviendra peut être habituel dans les prochaines années, mais qui ne ressemble en rien aux situations que tout vigneron et avant lui ses parents et grands-parents ont connues » renchérit Thierry Desseauve dans son éditorial. Jugeant sans pincettes que « 2016 est le premier millésime post-réchauffement climatique ».
 

Adaptations climatiques

D’une nature optimiste, Michel Bettane estime que « les leçons de 2016 rendent confiants dans le cycle climatique que nous connaissons et qui, pour le moment, nous avons beaucoup de chance en France sur ce point, est favorable à la qualité ». L’ancien enseignant soulignant que « pour le moment, les raisins blancs semblent être encore plus sensibles à cette évolution que les rouges, sans que beaucoup de vignerons en soient pleinement conscients. Ils se contentent de petites astuces de vinifications et d’élevage. »

Le critique préconise d’en finir avec la routine et de remettre à plat le métier du vigneron. En révisant ses pratiques, de l’enherbement à l’encépagement, en passant par les densités de plantation et les modes de conduite. « Si en 2015 on n’avait pas déjà compris que travailler intelligemment les sols avait sauvé la récolte, on était mal parti pour 2016 » tranche-t-il ainsi.

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