LE FIL

Cuvier parisien

La Winerie sort ses vins en primeurs

Jeudi 13 avril 2017 par Marion Bazireau

Julien Brustis et Julien Bengué étoffent leur gamme avec un pétillant de vermentino et un nouvel assemblage de rouges.
Julien Brustis et Julien Bengué étoffent leur gamme avec un pétillant de vermentino et un nouvel assemblage de rouges. - crédit photo : Marion Bazireau
A l’instar des bordelais, la Winerie parisienne a choisi le mois d’avril pour présenter son millésime 2016. Pour la première fois, elle l’a intégralement vinifié à Montreuil, à partir de raisins vendangés en Provence, dans le Roussillon et à Bordeaux.

En 2015, ils avaient fait le pari d’assembler et d’élever des vins à Paris, près de la place de la Nation. Cette année, Julien Bengué et Adrien Pelissié, les deux associés de la Winerie parisienne, sont allés encore plus loin.

Leur œnologue et directeur technique, Julien Brustis, a travaillé dans la Napa Valley. « Là-bas, les viticulteurs vendangent des parcelles situées très loin de leur chai et ça ne choque personne ». La Winerie a adopté la même approche. Lors des dernières vendanges, elle a acheté 25 tonnes de raisins rouges, et 11 tonnes de blanc à huit viticulteurs, en Provence, à Bordeaux, dans le Sud-Ouest et dans le Roussillon. Julien Brustis a visité toutes les parcelles régulièrement à partir de la floraison pour s’assurer de la qualité de la future vendange.

Les choses se sont précipitées en juillet, lorsque la Winerie a mis la main sur son nouveau local, un hangar de 1200m² à l’est de Montreuil (93). « Nous n’avons eu que deux mois pour acheter tout notre matériel de vinification » se rappelle l’œnologue. Les associés ont acquis des pompes, 300 hl de cuverie, un petit pressoir vertical, un érafloir, une table de tri… Le système de thermorégulation a été installé le 2 septembre. Juste à temps pour réceptionner les premières cagettes de raisins vendangés à la main, arrivées par camion réfrigéré le 3.

Nouvelles références

Les vinifications se sont finalement déroulées sans heurts. Julien Brustis a travaillé chaque cépage séparément. Les sauvignons gris et une partie des rouges ont fermenté en barriques neuves, le reste en cuves Inox. Les merlot, grenache, syrah et tannat ont été vinifiés baies entières et pigés manuellement pour ne pas sur-extraire de tannins. Les malos se sont déclenchées toutes seules.

Le blanc et le rosé sont déjà en bouteilles. « Les rouges sont en cours d’élevage en barrique. Ils seront bientôt assemblés, et nous les embouteillerons dans 6 mois » détaille Julien Brustis.

L’année dernière la Winerie proposait un blanc, un rosé et un rouge. Cette année, la Winerie ajoute à sa gamme un vermentino pétillant, très fruité au nez mais pas sucré. « La seconde fermentation a démarré sans liqueur de tirage, uniquement grâce à du jus de raisin conservé au froid, et à l'aide précieuse d’un consultant champenois ». Elle a aussi vinifié un deuxième vin rouge, composé de merlot, syrah, grenache et tannat, à bon potentiel de garde. Souhaitant développer les microcuvées, Julien Brustis envisage en plus d’embouteiller un vermentino tranquille.

Toute la gamme est vendue sous l’appellation « Vin de France », « ce qui colle plutôt bien avec notre concept et qui ne nous a jamais empêché de vendre nos vins », assure Julien Bengué.

Essai transformé

Cette approche décomplexée du vin séduit les parisiens. La Winerie a déjà conquis près de 150 clients. « Nous distribuons la moitié de nos vins aux cavistes, notamment au Repaire de Bacchus. On peut se les procurer pour 10 à 20€. Le reste part chez les restaurateurs. Nous ciblons des lieux atypiques tels que les établissements Le Perchoir, le Georges sur le toit du centre Pompidou, mais également des endroits plus traditionnels, gastronomiques, tels que le Galopin place de la Bourse » détaille le co-fondateur.

L’année dernière, la Winerie a écoulé 50 000 bouteilles. Avec son millésime 2016, elle vise les 70 000. « Nous allons aussi nous développer à l’export. Nous avons des pistes en Australie, à Taïwan, à Hong Kong. Les villes qui comptent beaucoup d’expatriés français, telles que Londres et New-York, constituent également de bonnes cibles ». Pour mettre toutes les chances de leur côté, les associés viennent d'ailleurs de recruter un animateur commercial.

Des vignes dans les Yvelines

Les trois compères ont déjà un nouveau projet : planter des vignes en Ile-de-France. Si rien n’est encore fait, ils ont jeté leur dévolu sur les Yvelines. « Il a y là-bas des terroirs intéressants. On pourrait y planter des cépages du sud. Ici, ils arriveraient juste à la limite de la maturité, on obtiendrait une typicité différente » se réjouit d’avance Julien Brustis.

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