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Découvertes en Vallée du Rhône

Récolte et exportations, le point sur l'économie des vins rhodaniens

Jeudi 13 avril 2017 par Juliette Cassagnes

Michel Chapoutier et Eric Rosaz, respectivement président et nouveau délégué général d'InterRhôneMichel Chapoutier et Eric Rosaz, respectivement président et nouveau délégué général d'InterRhône - crédit photo : DR
Une petite inquiétude sur le marché des rosés et des exportations vers les pays tiers à développer sont les deux sujets de préoccupation soulevés lors de la conférence de presse organisée par InterRhône ce mardi 11 avril 2017.

Tous les deux ans, à l'occasion du salon biennal « Découvertes en Vallée du Rhône », InterRhône organise une conférence de presse pour faire le point sur la situation économique du vignoble auprès des journalistes français et étrangers présents. Les chiffres précis de la récolte 2016 ont été dévoilés : avec 3,063 millions d'hectolitres, elle se situe tout à fait dans la moyenne des six dernières années, puisqu'en très légère hausse (+1%) par rapport à 2015. Il faut donc remonter à 2012 et 2013 pour pouvoir trouver des petites récoltes. En terme de qualité, le millésime est à l'image de 2016, « tout aussi grand, avec des Grenache d'exceptions ».

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Le vignoble rhodanien reste dans une très large proportion un producteur de vin rouge, avec 80% des volumes et une production en hausse de 4%. L'année a en revanche été marquée par une baisse significative de la production de rosés (-12 %) et également de blancs (-7 %). Pour Michel Chapoutier, le président d'InterRhône, la question reste de savoir, concernant les rosés, s'il s'agit d'une « vraie tendance de fond » ou d'une tendance passagère, « un effet  de mode ». Cette baisse pourrait être en effet le fruit d'une « réadaptation » des vignerons, qui ont réagi ainsi pour éviter une surproduction en rosés, la précédente campagne s'étant mal vendue. « Cette interrogation n'est pas propre à nos rosés mais touche aussi les autres régions viticoles », a également rappelé Eric Rosaz, le directeur d'InterRhône.

Moins de vins exportés sur 2016

Concernant la production toujours, les dirigeants d'InterRhône ont souligné, pour la première fois depuis 2011, une inversion de tendance concernant les surfaces revendiquées. En 2016, elles repartent à la hausse, légère certes, mais une hausse tout de même, de +1%, avec 620 hectares de nouvelles plantations déposées. « Un signal important à souligner et qui doit être perçu comme positif ».

Côté commercialisation, l'année 2016 a été marquée par un léger repli (-2,5 %) des ventes à l'export, circuit qui représente pour la Vallée du Rhône un tiers des volumes écoulés. Une tendance qui suit celle enregistrée au niveau national. Michel Chapoutier a reconnu que ce débouché, notamment le « grand » export, qui représente 11 % des volumes, constituait le « point faible » des vins rhodaniens : « Nous sommes trop en retard, il faut aller chercher de nouveaux marchés, a déclaré celui-ci. Le grand export est clairement notre principal levier de croissance ».

Parmi les marchés à plus forts potentiels cités, l'Asie (Hong-Kong, Singapour, Taïwan), l'Australie et plus proche, en Europe, la Norvège, la Pologne, ou encore l'Autriche.

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