LE FIL

Champagne

Être ou ne pas être une grenouille

Lundi 10 avril 2017 par Aude Lutun
Article mis à jour le 14/04/2017 11:25:28

Le président du Syndicat général des vignerons de Champagne, Maxime Toubart alerte sur la perte d'influence des producteurs dans l'interprofession champenoise.
Le président du Syndicat général des vignerons de Champagne, Maxime Toubart alerte sur la perte d'influence des producteurs dans l'interprofession champenoise. - crédit photo : Aude Lutun
Maxime Toubart, président du SGV, exhorte les viticulteurs à rester unis pour peser dans l’interprofession champenoise. Et souhaite lancer une communication sur le champagne d’ici fin 2017.

« Connaissez-vous l’histoire de la grenouille ? », questionne Maxime Toubart, président du SGV (Syndicat général des vignerons de Champagne) lors de l’assemblée générale du SGV ce matin. Sourires dans l’assistance, car Maxime Toubart avait déjà conté cette histoire il y a un an, lors de la précédente AG du SGV. « C’est l’histoire d’une grenouille que l’on plonge dans de l’eau bouillante. Surprise, elle bondit pour sortir de l’eau et reste vivante. Mais si on plonge cette même grenouille dans de l’eau tiède, elle va se sentir bien. On pourra faire monter la température de l’eau tranquillement sans qu’elle en prenne conscience, elle s’étourdira et elle mourra. »

"Regardez ce qui se passe pour les producteurs de lait…"

Avec le renouvellement des accords interprofessionnels qui se profile  – ils prendront effet après la vendange 2018 – Maxime Toubart redoute que des contrats plus longs que ceux des accords interprofessionnels (5 ans) se multiplient, avec pour conséquence d’affaiblir la puissance du SGV. D’autant que les ventes des vignerons chutent depuis 2008. Les coopératives et viticulteurs représentent 28 % des ventes de champagne, alors que le point d’équilibre pour peser dans l’interprofession est estimé à 30 %. Les ventes de raisin auprès du négoce n’ont jamais été si importantes (60 % des raisins produits), avec le risque d’une baisse du prix à moyen terme. « Prenons garde de ne pas être les grenouilles du négoce ! Il n’y a pas de marché qui se sature sans conséquences douloureuses pour la production. Regardez ce qui se passe pour les producteurs de lait… ».

0,02 €/kg pour une communication en France

Parmi les pistes avancées pour conforter les ventes des viticulteurs, Maxime Toubart a proposé que chaque vigneron mette 0,02 €/kg dans une communication collective menée par le SGV. « Cela fait des années que nous demandons la mise en place d’une communication interprofessionnelle sur le Champagne, explique-t-il. Arrêtons de le demander et prenons-nous en main. Je trouve qu’il est important que tous les vignerons participent à cette communication, qu’ils vendent des bouteilles ou qu’ils soient vendeurs au kilo. Si le prix du kilo est élevé, c’est en partie grâce aux viticulteurs qui vendent des bouteilles. Avec 0,02 €/kg de raisin, on peut atteindre un budget de 6 M€/an. J’en ai parlé lors des réunions de section locale du SGV, les vignerons sont partants. La communication devrait débuter dès la fin de cette année en France pour conforter nos ventes sur notre principal marché. »

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