LE FIL

Noël Bougrier

"Les vins de France sont le socle de la segmentation"

Mercredi 05 avril 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

- crédit photo : Anivin
Les vins de France accueillent Noël Bougrier comme nouveau président de l’Anivin. Ce négociant ligérien avait participé à défendre l’ouverture du millésime et du cépage aux vins sans indication géographique.

Respectant la règle d’alternance négoce/production, c’est Noël Bougrier, négociant en Val de Loire qui prend le président de l’Anivin. Et avec lui, les vins de France ont choisi un convaincu de la première heure. Président de l’Anivit en 2007, il a fermement milité pour que les vins de France puissent accéder aux mentions valorisantes que sont le millésime et le cépage.

"Il y a eu un télescopage entre les vins de France et les IGP"

Et, dix ans après, alors que les vins de France n’ont toujours pas décollé, Noël Bougrier n’a pas changé d’un iota dans ses convictions en la catégorie. « Je crois que cette catégorie est le socle de la segmentation des vins de France » martèle-t-il tout en restant lucide. « Je pensais que cette catégorie ferait entre 10 et 15 millions d’hl en France. Cela n’a pas été le cas ». Selon lui, ce manque d’intérêt à produire des vins de France est le résultat de plusieurs années de petites récoltes en France et de la volonté de certaines productions à indication géographique à se développer. « Il y a eu un télescopage entre les vins de France et les IGP ».

S’il garde la conviction que les vins de France doivent prendre leur place dans l’offre française, c’est en partie du fait de l’augmentation des importations espagnoles. La catégorie n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui « Nous devons prendre notre bâton de pèlerin et aller convaincre la grande distribution de la pertinence de notre projet de vignoble éco-responsable" explique Noël Bougrier. En associant la grande distribution au projet de vins France, nous allons « redonner de l’espoir aux producteurs » promet-il. Reste aussi à convaincre les producteurs d’implanter des vignobles éco-responsables conduits pour produire entre 130 et 150 hl/euros pour un prix d’achat garanti entre 55 et 65 euros/hl.

"Il faut se relever les manches ! "

À l’export, les vins de France réussissent à se développer. « C’est la seule catégorie qui progresse » se satisfait Noël Bougrier. Mais, pas de quoi s'endormir sur ses lauriers. La réexportation des vins étrangers connaît une progression depuis deux ans. « Ce n’est pas une solution. L’acheteur peut très bien aller se fournir directement sur le lieu de production de ces vins ré-exportés. La viticulture française doit être capable de produire ces vins ! » Et de donner un dernier coup dans la fourmilière. « L’Espagne a beaucoup planté. D’ici trois ans, le pays pourrait produire 50 millions d’hl. Il faut se relever les manches ! »

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