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Toute l'histoire sur le dossier pas très Carré du Palais

Le président d'InterRhône, Michel Chapoutier, tenait une conférence de presse ce jeudi 30 mars 2017 à Avignon, pour donner plus de précisions sur le « dossier » du Carré du Palais. L'architecte était véreux, l'interprofession est contrainte pour la 4eme fois de décaler l'ouverture de son édifice.
Par Juliette Cassagnes Le 31 mars 2017
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Toute l'histoire sur le dossier pas très Carré du Palais
Michel Chapoutier pose devant l'entrée du futur Carré du Palais, toujours en cours de travaux... - crédit photo : J Cassagnes
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out aurait commencé en 2014, sous l'ère Christian Paly. L'architecte Jean-Marie Renaud, positionné dès l'origine sur le projet du Carré du Palais, commence ses malversations, en même temps que débute le chantier : surestimation d'honoraires, doublons de facturation, facture de travaux non effectués, travail dissimulé... Mais à cette époque, personne ne se serait rendu compte de rien.

A l'arrivée de Michel Chapoutier, en novembre de la même année, le projet prend une nouvelle orientation. Celui-ci est à cette même époque sensibilisé sur la lenteur du chantier. Des demandes d'explications envoyées les mois suivants par courriers recommandés à l'architecte restent sans réponse. Le président de l'interprofession finit, en juillet 2015, par se décider à le convoquer pour l'entendre de vive voix. Homme « plein d'aplomb », celui-ci le rassure et lui confirme la date d'ouverture du bâtiment en avril 2016, en sachant pertinemment que le délai ne serait pas tenable. « J'ai peut-être perdu du temps à ce moment-là... », admet Michel Chapoutier, à demi-mot. Les mois passent et le chantier n'avance pas aussi vite qu'attendu.

Contrat rompu et plainte déposée

Face à ce constat, l'élu provoque finalement un audit, en janvier 2016, à la suite duquel un Assistant maitre d'ouvrage et un Organisateur planificateur de chantier sont embauchés. « C'est à ce moment que je commence à avoir de réels soupçons... Ces personnes ont pour rôle d'identifier les problèmes de sur-facturation et les anomalies  », détaille Michel Chapoutier.

Un faux architecte

Celles-ci s'avèrent nombreuses : pas d'accès handicapés prévu, pas d'extraction pour l'air des cuisines du restaurant au niveau du toit, aucune démarche auprès des Bâtiments de France, etc. S'ajoutent à ces erreurs des suspections de malversations. Le chantier se poursuit malgré tout, en corrigeant les erreurs réalisées, par les deux nouvelles personnes recrutées. A cette période, une conférence de presse est organisée en grande pompe en avril 2016 pour annoncer une « inauguration en avril 2017, à l'occasion de Découvertes en Vallée du Rhône », mais pas un mot sur l'affaire.

Fin juillet 2016, le contrat avec l'architecte est finalement « cassé » et InterRhône dépose plainte à la police judiciaire. Mais pour la « laisser travailler », qu'elle ait le temps d'accumuler un maximum de preuves et ne pas éveiller les soupçons de l'architecte, les enquêteurs demandent à l'interprofession de ne pas ébruiter l'affaire. « La situation était donc délicate depuis août 2016 pour InterRhône, car on ne pouvait rien communiquer », commente son président. Pendant ce temps, le chantier se poursuit, désormais sans les services du pseudo-architecte.

Dans l'attente de l'instruction...

Après huit mois d'enquête de police, une mise en examen a finalement été prononcée à son encontre, ainsi que celle de son épouse, le 21 mars 2017. Les chefs d'inculpation sont nombreux : escroquerie, tentative d'escroquerie, usurpation de diplôme, travail dissimulé. Le montant du préjudice estimé par la police s'élèverait pour l'instant à 770 000€.

Depuis, l'instruction est en cours par un juge d'Avignon. Elle devrait sûrement durer plusieurs mois, tandis que l'architecte véreux a été assigné à résidence et son épouse placée sous le coup d'un contrôle judiciaire. InterRhône n'a donc pas encore eu accès au dossier, pour pouvoir notamment chiffrer plus précisément le montant du préjudice subi.

Le préjudice reste à déterminer
Son avocat a déclaré qu'elle allait se constituer partie civile d'ici quelques jours. Si le préjudice est retenu, le dédommagement pourrait provenir de la saisie des biens de M. Renaud et des indemnités d'assurances. La question reste de savoir à quelle hauteur ce dernier se situera...

Malgré la mise à l'écart du pseudo-architecte depuis juillet 2016, le chantier semble néanmoins toujours tourner au ralenti et le retard n'est pas rattrapé. Son ouverture est donc décalée pour la quatrième fois, puisqu'annoncée, il y a un an, pour le 10 avril 2017. Michel Chapoutier a toutefois évoqué une ouverture partielle, pour la partie bar à vins et brasserie, d'ici le festival d'Avignon. Le reste – boutiques, terrasse, etc- devrait suivre, à l'automne 2017... Espérons que cette fois sera la bonne !

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Tous les commentaires (9)
Aurelien GELY Le 25 octobre 2021 à 11:03:28
J'entends dire que l'architecte n'?tait pas architecte. Il ne s'agit donc pas d'un architecte v?reux mais bien d'un escroc se faisant passer pour un architecte. Vous portez pr?judice ? une profession difficile. Le tableau de l'ordre des architectes est public et disponible en ligne ? jour gratuitement.
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Justice Immanente Le 06 janvier 2019 à 15:03:13
@albert ne vous en d?plaise un dossier "ne faisant plus la une" n'est pas forc?ment clos. En l'esp?ce c'est bien le cas ici dans "les affaires Renaud" comme l'avenir ne manquera pas de vous le rappeler, au risque sans doute de r?veiller votre naus?e... :-) et malgr? certaines tentatives d??touffer ce scandale. Quand ? nous rencontrer un jour, il n'y a aucun risque, je ne fr?quente pas encore les maisons de retraite ! Au plaisir de ne plus vous lire LOL (je vous laisse le soin de traduire cette expression de jeunes)
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albert Le 22 décembre 2018 à 19:57:26
Diantre, je me pince ... nous sommes bien le 22 d?cembre 2018 et vous r?agissez le 20 d?c 2018 sur un sujet n? ante av?nement de Macron ? je ris "jaune" ... Plus s?rieusement, pourquoi vous int?ressez-vous encore ? ce sujet qui ne fait m?me plus la Une (? ma connaissance) ? Quelles sont vos vraies raisons ? revenir sur ce sujet sous cet angle plut?t naus?eux ? ... Je maintiens mon commentaire et mon niveau d'exigence ... Quant ? savoir si des d?rives architecturales sont av?r?es chez M. Renaud, ce n'est pas le probl?me dans le dossier Carr?. Et il me semble, de plus, que votre regard sur les s?niors (comment, un Architecte n? en 1939 ???) est .. disons-le ... d?testable. Au plaisir de ne pas vous rencontrer un jour.
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Justice Immanente Le 20 décembre 2018 à 09:27:23
@albert Votre d?sir de "justice" est certes tr?s louable, ceci ?tant dit, vu l'age "canonique" de l'architecte dipl?m? de tutelle (M. Jean-Louis Mognetti est n? en 1939, il a donc... 78 ans en 2017 !!!), il semble ?vident que ce monsieur servait plut?t d'homme de paille ? Jean-Marie RENAUD, lequel se pr?sentait ? qui voulait bien l'entendre comme architecte DLPG. Comme quoi "l'?quit?" ne saurait d?roger ? l'?quilibre "informatif" ! Je vous conseille par ailleurs de vous "informer" sur les d?rives architecturales commise par M. Renaud dans sa propri?t? de Villeneuve-les-Avignon, en toute ill?galit? bien s?r...!
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albert Le 20 mai 2017 à 17:28:59
Ce serait ?quitable de ne pas prioriser la "voix" d'Inter Rh?ne. Je note un article paru hier 19 mai dans la Provence relatif ? la contre-attaque que porte Jean-Marie Renaud assist? de son Avocat Me Morice (on y apprend entre autres que JM Renaud n'est certes pas Architecte DPLG mais qu'il poss?de un dipl?me d'?tudes architecturales lui permettant d'exercer sous la tutelle d'un Architecte dipl?m? ... il convient de r?tablir ce point). Merci par avance de veiller ? maintenir un ?quilibre "informatif" entre les parties.
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Louis Le 09 avril 2017 à 17:04:05
Ce faux architecte se croyait intouchable, au point de ne pas consulter les batiments de France pour un chantier concernant un monument historique !!! Esp?rons que la justice le condamnera pour l'ensemble de son "oeuvre", et ce malgr? les amis influents qu'il se targue d'avoir ! Lamentable...
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albert Le 06 avril 2017 à 12:16:31
Ok, moi je veux bien entendre qu'il a y des questions sans r?ponses (ex: comment Mr Reynaud, dont on voit bien qu'il n'est plus un jeune perdreau de l'ann?e, a-t-il pu se maintenir ? ses affaires sous la qualit? d'architecte - s'il n'est pas dipl?m? - jusqu'en 2016 ?). Mais, revenons sur la pertinence du projet dont la pr?tention est d'?tre une vitrine des vins de la Vall?e du Rh?ne. Sans les vins de Ch?teauneuf-du-Pape ! Les touristes et surtout les Visiteurs ?trangers (ais?s) ne vont-ils pas ?tre surpris par l'absence de l'ic?ne de la vall?e du Rh?ne ? Que cette "vitrine" des vins de la Vall?e du Rh?ne puisse ne pas proposer ce Cru, c'est simplement b?te et consternant ... Bien s?r, l'offre du Palais des vins situ? ? Orange corrige ce biais (merci les "Vignerons Ind?pendants" !). De m?me, dans ce registre "dispersons nos ?nergies et nos moyens", rappelons que les producteurs ch?teauneuvois peuvent compter sur leur F?d?ration bic?phale AOP Ch?to9 pour leur proposer - ? co?t mesur? j'imagine -, une promo-diffusion en mode localo-local via la maison des vins "Vinad?a" ! .. Pourquoi adh?rer ? Inter Rh?ne dans ces conditions ? Et au fait, quelle libert? aura le "bistrot" dirig? par le nouveau Chef recrut? (Bruno D'Ang?lis ayant jet? l'?ponge) de mettre ? sa carte ce nectar ? Bof-bof ! On ne peut s'emp?cher de penser que ce Carr? aura bien mal ?t? port? sur les fonds baptismaux !
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Thouroude Le 04 avril 2017 à 19:47:32
Je n'ai toujours pas compris pourquoi les syndicats de vignerons ou les interprofessions ont besoin de tels investissements immobiliers pour se valoriser. Certes, il y a des subventions ? la cl? et les services de l'Etat sont satisfaits de voir les cotisations immobilis?es dans la pierre plut?t que dans des actions promotionnelles mais tout de m?me quelle pr?tention !!! Est-ce leur mission ? Sont-ils aussi peu fiers de nos vins, aussi peu confiants dans nos qualit?s de producteurs et de vinificateurs pour agir ainsi ? Il y a pourtant beaucoup de nos vins qui sont bien meilleurs que ces chantiers pharaoniques mal men?s d?s le d?part et qui vont co?ter bien cher ann?e apr?s ann?e pour des retomb?es de prestige bien maigres et en tout cas impossibles ? mesurer. Tient, tout ?a me rappelle la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf....
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Dugas Le 01 avril 2017 à 09:04:36
Quel manque de vigilance pour un chef d'entreprise ! Les viticulteurs devraient ?tre plus prudent lorsqu'ils ?lisent leur pr?sident. Il 'n'a sans doute pas la stature.
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