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Phytos

25 matières actives détectées dans l'air ambiant

Jeudi 09 mars 2017 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 13/03/2017 10:26:04

L'un des trois appareils de mesure de pollution de l'air par les produits phytosanitaires, installé lors de la campagne de traitements 2016 en Bourgogne
L'un des trois appareils de mesure de pollution de l'air par les produits phytosanitaires, installé lors de la campagne de traitements 2016 en Bourgogne - crédit photo : Atmosf'air Bourgogne
Une étude destinée à mesurer les concentrations de produits phytosanitaires dans l'air ambiant pendant la campagne de traitements 2016 a été réalisée en Bourgogne. En voici les principaux résultats.

Une association agréée par le ministère de l'environnement, Atmosf'air, a réalisé en 2016 une étude sur la qualité de l'air en Bourgogne. Celle-ci consistait à mesurer les concentrations en produits phytosanitaires dans l'air ambiant, lors de la campagne de traitements, sur trois sites localisés dans les trois départements viticoles bourguignons : Yonne, Côte d'Or et Saône-et-Loire. Les trois points de mesures étaient entourés majoritairement de vignes, mais aussi de zones urbaines et parfois de grandes cultures.

8 substances interdites sur 25 détectées

Sur la période mesurée, qui s'est étalée sur 15 semaines, de mai à août 2016, l'association a pu relever la présence de 25 molécules sur un total de 250 recherchées. A noter que le cuivre et le soufre n'en faisaient pas partie du « screening », les méthodes actuelles ne permettant pas de mesure correcte de ces deux éléments.

Ces 25 susbtances appartiennent aux quatre familles : fongicides, herbicides, insecticides et répulsifs pour animaux. Les fongicides sont de loin les plus représentés, avec 13 molécules répertoriées et une détection sur la quasi-totalité de la période de mesure. Ils correspondent aussi aux produits les plus détectés en cumul de concentration. Dans cette « famille », la matière active la plus fréquemment relevée est le Cymoxanil (anti-mildiou) et celle en plus forte concentration le Pyriméthanil, très utilisé en juillet-août, homologué sur vigne contre la pourriture grise. La Spiroxamine est également assez souvent détectée ; elle entre dans la composition d'une quinzaine de produits commerciaux destinés à lutter contre l'oïdium sur vigne et les maladies fongiques sur blé.

"4 insecticides et 3 herbicides interdits"

Suivent les insecticides, avec 6 molécules détectées, dont quatre interdites : l'Heptachlore endo-époxide, en concentration élevée fin mai sur les trois sites, et son dérivé l'Heptachlore exo-époxide. Ce produit organochloré est interdit en agriculture depuis 1978 et depuis 1992 pour la protection du bois. On trouve aussi comme substance interdite le Fenpropathrine, un pyréthrinoïde anciennement autorisé sur fruitiers et vigne, et le Fensulfothion, un organophosphoré anciennement autorisé sur maïs.

En troisième se classent les herbicides : cinq matières actives ont été repertoriées, dont trois interdites : le Dinoterbe, très fréquement relevé mais interdit à la vente depuis 1996, autorisé sur maïs et cultures légumières ; le Prophame, qui n'est plus autorisé depuis 1996 et autorisé sur pommes de terre, et le Tébutame, anciennement homologué contre les graminées et les dicotylédones et interdit à la vente depuis 2003. Les deux autres substances sont le Metolachlore, un désherbant maïs – tournesol, et le Pendimethaline, détecté courant mai, qui pourrait correspondre avec la période de désherbage du maïs.

Enfin, une molécule appartemant aux répulsifs a été relevée, interdite elle-aussi : l'Anthraquinone. Au total huit substances non autorisées ont donc été repertoriées par l'association.

Des données utilisées comme point de référence

Ces détections proviennent des traitements environnants mais aussi de la rémanence de certaines molécules. Les valeurs maximales ont mis en évidence les insecticides Chloropyrifos Methyl et Heptaclore, ainsi que les fongicides Cymoxanil et Pyrimethanil. Pour les autres, les concentrations observées restent faibles, inférieures à 1 ng/m3. Mais, « aucun effet de seuil n'a été identifié à ce jour, pas plus qu'en ce qui concerne un potentiel impact par effet cocktail de ces molécules (mélange de plusieurs pesticides) », précise aussi l'étude.

Ces données permettront d'alimenter les connaissances sur l'exposition atmosphérique aux produits. Ces mesures seront amenées à être renouvelées en 2018 et permettront de vérifier l'efficacité des changements de pratique éventellement mises en place par les professionnels des secteurs agricoles et viticoles.

Graphique: récapitulatif des concentrations moyennes relevées sur toute la période de mesure et sur les 3 sites, pour les 25 substances (source: Atmosf'air): le Pyriméthanil enregistre la concentration maximale la plus forte pour les trois sites.

Cliquez ici pour consulter l'étude complète Atmosf'air

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