Accueil / Gens du vin / Martine Becker, « pour défendre nos valeurs »

Vigneronne engagée
Martine Becker, « pour défendre nos valeurs »

Installée en Alsace, Martine Becker est la seule femme vigneronne qui siège au Conseil spécialisé de FranceAgriMer. Une manière de faire vivre son engagement pour la viticulture bio.
Par Marion Sepeau Ivaldi Le 08 mars 2017
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Martine Becker, « pour défendre nos valeurs »
Martine Becker, vigneronne et vice-présidente de l'Opaba : « un homme, c’est une parole. Une femme, c’est deux paroles ». - crédit photo : Becker
l

« A trois ans, je savais déjà réciter trois marques de Champagne » se souvient Martine Becker. Tombée dans le métier quand elle était petite, ses parents s’occupaient du domaine et sa grand-mère tenait un commerce de vins de France : Martine Becker n’a pas hésité longtemps à choisir de devenir vigneronne. Avec ses deux frères, elle s’occupe de fait vivre le domaine familial converti à l’agriculture biologique en 1999 (18 hectares). « Je suis une chef d’entreprise » explique-t-elle non sans une certaine fierté.

Vice-présidente de l’OPABA (Organisation professionnelle de la viticulture biologique en Alsace), FranceAgriMer vient lui demander de siéger au Conseil spécialisé de FranceAgriMer, il y a cinq ans. « Au départ, je me suis engagée pour défendre les valeurs de la bio. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait une certaine posture de protection contre la bio. Aujourd’hui, les choses ont changé, grâce au consommateur » explique-t-elle. Au Conseil spécialisé, elle fait donc entendre la voix de la viticulture bio. « Mais je ne suis pas seule. Michel Chapoutier, qui défend le négoce, donne aussi son avis sur la bio » précise-t-elle. Est-il difficile de s’imposer dans ce cercle d’hommes ? Elle élude la question : « un homme, c’est une parole. Une femme, c’est deux paroles » répond-elle en guise de pirouette.

Prêcher la bonne parole

Ses autres combats ? La loi Evin. « Si j’ai quelque chose dans le collimateur, c’est bien cette loi. On a diabolisé notre métier » s’agace-t-elle. Mais, elle garde un certain optimisme. « La consommation en vin des femmes est en légère augmentation. Il y a une certaine déculpabilisation à déguster un verre de vin » se satisfait-elle. Martine Becker est à ce titre engagée dans le Club Divine. « On essaie de prêcher la bonne parole ». Mais elle mesure le chemin qui reste à parcourir. « En Alsace, on reçoit la télévision allemande. On voit les émissions culinaires Outre-Rhin, où les participants consomment du vin. En France, dans l’émission Master Chef, on ne parle même pas d’un accord mets et vin » déplore la vigneronne.

Est-il difficile pour une femme d’exercer le métier ? « Pour ma part, être fille de vigneron m’a aidé à avoir de la crédibilité » explique-t-elle. La féminisation du métier ne fait aucun doute. Mais, elle est moins importante que dans d’autre secteur. « Je fais partie d’un club d’entrepreneurs qui rassemble toutes les catégories professionnelles. Le milieu médical est beaucoup plus féminisé que celui du vin » reconnaît-elle. L’aspect physique du métier de viticultrice est un frein, tout comme la conduite du tracteur qui peut effrayer. Et de conclure : « il est clair que les femmes ont besoin d’être beaucoup plus passionnées que les hommes. C’est notre ressort ! »

 

Partage Twitter facebook linkedin
CONTENUS PARTENAIRES
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé