LE FIL

Reçu avec un Chablis premier cru

Benoît Hamon, candidat désireux de comprendre

Jeudi 02 mars 2017 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 03/03/2017 11:08:39

Benoît Hamon : « La nouvelle génération, elle cherche des vins typés » ?
Benoît Hamon : « La nouvelle génération, elle cherche des vins typés » ? - crédit photo : Cédric Faimeli GFA
Durant son passage au Pavillon des vins, Benoît Hamon s'est montré très curieux des problèmes de la viticulture, ne cessant de poser des questions tout à fait à propos.

Rentrera ? Rentrera pas ? Jusqu'au dernier moment la question s'est posée de savoir si Benoît Hamon prendrait le temps de s'asseoir dans l'espace privatif du Pavillon des vins au salon de l'agriculture à Paris. Un espace réservé aux invités de marque et aux responsables professionnels. Une minute avant qu'il arrive, vers 15h35 ce 2 mars, il était question qu'il y entre « directement ». Puis un contre-ordre. « Il ne restera pas », indique un membre de son équipe qui le précède.

« Quels sont les vins français qui réussissent le mieux à l'export » ?

Et le voilà déjà devant le pavillon. De suite, tout le monde se dirige vers le bar où un chablis attend d'être servi. Le candidat socialiste à l'élection présidentielle a fait savoir qu'il ne goûterait qu'un blanc sec. Arrivé au bar, Jean-Marie Barillère, président du Cniv (Comité national des interprofessions) lui explique que « l'export devient de plus en plus important pour notre secteur, mais nous perdons des parts de marché au profit de l'Espagne et de l'Italie ».

-« Quels sont les vins français qui réussissent le mieux à l'export » ? demande Benoît Hamon.

-« Cognac, Champagne, Bordeaux et Bourgogne. C'est assez concentré autour de ces quatre régions », lui répond le président du Cniv.

-« Et le Languedoc » ?

-« Il a fait d'énormes progrès ».

-« Oui, c'est remarquable ce qu'ils font en matière d'habillage. Et leurs vins sont de qualité »

-« A l'export, on vend nos villages. C'est le problème de notre filière. Nous sommes tellement fiers de nos villages que nous les mettons en avant plus que la France. »

« Qu'est-ce qui fait que les Italiens sont si bons » ?

Une question traverse l'esprit de Benoît Hamon : « Qu'est-ce qui fait que les Italiens sont si bons » ? demande-t-il l'air intéressé et détendu.

Tout au long de son passage sur le Pavillon des vins, il ne cessera de poser des questions en rapport avec les problèmes dont lui parlent les responsables professionnels. « La nouvelle génération, elle cherche des vins typés » ? « Non plutôt des vins faciles à boire ».

Eh oh ! Etienne Laporte intervient car il est temps de déguster. L'oenologue sert un chablis premier cru montmains du domaine Besson. « C'est un vin extra, d'une très belle minéralité, produit sur un terroir de grande valeur qu'on ne peut pas perdre », explique-t-il.

« Comment évolue le marché du cognac en Chine » ?

Apparemment plus intéressé par la filière que par le vin, Benoît Hamon revient très vite à ses questions. « Avez-vous fait des études pour comprendre ce que l'on vous reproche à l'export ? » « Comment évolue le marché du cognac en Chine » ?

Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, aura encore le temps de lui dire qu'il faut maintenir une OCM spécifique pour la viticulture. Jean-Marie Barillère lui expliquera que « 3000 entreprises françaises exportent du vin en Chine. Quel autre secteur d'activité en fait autant ? Il ne faut pas de restrictions au commerce du vin »

Mais son équipe entraîne Benoît Hamon vers un autre stand. En un quart d'heure, le candidat socialiste aura fait très bonne impression à ses hôtes, à leur grande surprise, se montrant présent, attentif et curieux des problèmes de la viticulture.

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