LE FIL

Roman Guibert

« La valorisation n’est pas réservée à la Bourgogne ou à Bordeaux »

Jeudi 02 mars 2017 par Alexandre Abellan

Les théories se bousculent pour expliquer l’originalité de la commercialisation en primeurs du Mas de Daumas Gassac, mise en place au domaine en 1978. « Avant d’être vigneron, mon père était gantier à Millau. Il achetait beaucoup de Bordeaux en primeur, et ne connaissait peut-être que cette façon de vendre du vin ! » s’amuse Roman Guibert.
Les théories se bousculent pour expliquer l’originalité de la commercialisation en primeurs du Mas de Daumas Gassac, mise en place au domaine en 1978. « Avant d’être vigneron, mon père était gantier à Millau. Il achetait beaucoup de Bordeaux en primeur, et ne connaissait peut-être que cette façon de vendre du vin ! » s’amuse Roman Guibert. - crédit photo : Mas Daumas Gassac
Ne connaissant pas les difficultés commerciales, Daumas Gassac fait un tabac en primeur. Et veut donner confiance au Languedoc dans son potentiel d’attractivité.

Déjà le plus bordelais des vins languedociens dans son profil, le Mas de Daumas Gassac l’est également dans son approche de commercialisation. Appliquant le système des ventes en primeurs depuis 1978, la propriété languedocienne ouvre à la réservation ses vins avant la mise en bouteille. Et les acheteurs sont on ne peut plus présents, en témoigne le succès de la dernière campagne. « On a le sentiment que tous nos acheteurs, professionnels comme amateurs, fidèles comme moins fréquents, se sont réunis en même temps pour commander » témoigne Roman Guibert, qui a enregistré une hausse des demandes de 20 % en septembre et octobre dernier.

Au final, l’intégralité du millésime 2015 a trouvé preneur en rouge (soit 110 000 cols), et le domaine n’a quasiment plus de blancs 2016 (55 000 cols sont réservés, pour un total de 60 000 bouteilles). Pour répondre à cette demande, les allocations ont été plafonnées, aussi bien pour les professionnels que pour les amateurs (à 50/50 de la commercialisation), pour les marchés français et export (60/40). Les demandes de professionnels ont ainsi été limitées à 30 cols, et les nouveaux clients amateurs n’ont pas pu acheter plus de six bouteilles. « Notre volonté est avant tout d’honorer la plupart des demandes en primeur. Afin que les fidèles qui nous suivent depuis des années puissent faire une bonne affaire » ajoute Roman Guibert. Vendu 21 euros en primeur, en rouge comme en blanc, la bouteille de Daumas Gassac est ensuite commercialisée 33 euros après la campagne (du moins quand il en reste à la vente). Des prix qui sont portés par une situation de rareté, peu fréquente en Languedoc.

"C’est un message de réussite"

Si ce n’est pas la première fois que Daumas Gassac arrive à la fin de ses primeurs en rupture de stock, ses propriétaires ont souhaité communiquer dessus. Afin de rassurer et inspirer une filière qui a le bourdon, alors que les volumes sont pesants pour la campagne de vrac. « Le Languedoc doit être fier et se dire que si un domaine, même hors AOC, peut vendre toute sa production avant la mise en bouteille, c’est bien la preuve que la valorisation n’est pas réservée à la Bourgogne ou à Bordeaux » explique Roman Guibert.

En IGP Saint-Guilhem-le-Désert, le Mas de Daumas Gassac est marqué par le cabernet sauvignon en rouge et un panel de cépages en blanc (petit manseng, viognier, chenin, chardonnay…). Située dans la vallée du Gassac, à Aniane (Hérault), la propriété produit 200 000 bouteilles/an de son domaine, et commercialise 2 millions de cols sous sa marque de négoce Moulin de Gassac.

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