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Languedoc

Les allées de Vinisud bruissent d’un risque de crise

Jeudi 02 février 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Le pessimisme domine : si la vendange 2017 est normale, le risque de sur-stock de vin est plus qu'envisageable.
Le pessimisme domine : si la vendange 2017 est normale, le risque de sur-stock de vin est plus qu'envisageable. - crédit photo : Pixabay Holgi
Derrière les sourires des exposants, une vraie inquiétude planait durant le salon de Montpellier. Certains ne manquent pas de considérer la viticulture au bord du précipice.

Une grave crise se prépare-t-elle ? Le dumping des importations espagnoles a occupé une partie des discussions du salon Vinisud. « Certaines caves du Gard n’ont pas payé leurs adhérents depuis six mois » s’inquiète un producteur de Pays d’Oc sur le salon. Interrogé Jean-Michel Sagnier, président des Vignerons de la Vicomté, confirme que des caves coopératives risquent de souffrir. Il se montre encore plus inquiet pour la prochaine campagne. « Nous n’avons pas de visibilité. On ne sait pas ce qui va se passer. Cette année, la récolte est faible, la commercialisation devrait pouvoir se faire. Mais, si les volumes sont de retour en 2017, cela risque d’être très compliqué. Il faut changer et créer une nouvelle offre ! » martèle-t-il, tout en appelant les fraudes à livrer leurs conclusions. « Elles attendent de l’Europe les consignes à suivre » regrette-t-il, se montrant sceptique sur le fait que seuls les volumes espagnols aient pu « changer autant la face du commerce ».

Multiplication des rendez-vous

Pour tenter de trouver une réponse, les prises de rendez-vous se multiplient. Jérôme Despey va rencontrer la Fédération du Commerce et de la distribution ; Pays d’Oc, Vignerons coopérateurs et négoce ont pris rendez-vous, le CIVL a une liste d’acheteurs de la grande distribution à rencontrer. Le Copa/Cogeca cherche à créer un « board » franco-espagnol placé sous la houlette ministérielle. Et la viticulture a pris rendez-vous fin mars à Narbonne pour manifester. En clair : chacun tente son coup politique dans cette traditionnelle organisation rock’n’roll qu’adopte la filière viticole en temps de crise.

Chacun a en effet sa solution. D’un côté, Pays d’Oc et les Vignerons coopérateurs semblent se rejoindre sur l’idée de créer des volumes dédiés de vins positionnés en de ça des IGP. De l’autre, l’idée de l’IGP Terre du midi, positionnée en entrée de gamme des IGP refait surface. Il y a sans doute au final très peu de différences entre l’une et l’autre des solutions au regard de la solution qu’elle propose : trouver un débouché aux vins qui patientent dans les cuves. Mais, préviennent les porteurs de l’idée de l’IGP Terre du Midi : si une solution sur l’entrée de gamme n’est pas trouvée, ils n’hésiteront pas à porter le fer. « L’INAO n’a pas instruit le dossier de l’IGP Terre du Midi, pourtant déposé en avril dernier. Nous n’hésiterons pas à le dénoncer auprès des tribunaux ».

Au-delà de la construction d’une segmentation claire, comment gérer des volumes d’IGP en sur-stock si la vendange 2017 était généreuse ? Le CIVL propose d’étendre la Gestion prévisionnelle des sorties (GPS) aux IGP. Cette solution, qui attribue un volume de production en fonction du marché à chaque producteur, a fait ses preuves sur les AOC du Languedoc. Le système adapté aux IGP est prêt, ne reste plus qu’à le déclencher.

 

 

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