LE FIL

Pollution de l'air

La Bourgogne viticole interdite de brûlage de sarments

Vendredi 27 janvier 2017 par Juliette Cassagnes

Des panaches de fumée dans les vignes sont monnaie courante en Bourgogne en plein mois de janvier...Des panaches de fumée dans les vignes sont monnaie courante en Bourgogne en plein mois de janvier... - crédit photo : J Cassagnes
Depuis mardi 24 janvier 2017, les viticulteurs bourguignons ont l'interdiction de brûler leurs sarments issus de la taille. Une mesure prise par les préfets pour tenter de limiter les émissions de particules fines suite à un épisode de pollution atmosphérique.

Les vignerons bourguignons sont interdits de brûlage de sarments et ce, jusqu'à nouvel ordre. Pour réduire les émissions de particules fines responsables du pic de pollution atmosphérique qui a actuellement lieu en Bourgogne, les préfets des trois départements viticoles – Côte d'Or, Yonne et Saône-et-Loire, ont pris un arrêté ce mardi 24 janvier 2017 interdisant « tout brûlage de déchets verts à l'air libre » et « des sous-produits agricoles ». « Les éventuelles dérogations pour raisons phytosanitaires ou agronomiques sont suspendues », précisent les arrêtés.

L'interdiction restera valable tant que la concentration atmosphérique en particules fines ne redescendra pas de façon significative.

"Une première en Bourgogne"

La CAVB a prévenu aussitôt tous les viticulteurs de la nouvelle, car beaucoup n'étaient pas au courant. Depuis, l'information a circulé et la consigne semble globalement respectée, même si quelques-uns continuent de passer outre. « Il y avait beaucoup moins de fumées ce matin dans les vignes de mon village », constate Marion Sauquere, de la CAVB. Les viticulteurs ont dû pour la plupart décaler leur chantier de taille et l'embauche de leurs ouvriers, mais tous n'ont pas réussi. Ceux qui continuent de tailler constituent des tas de sarments afin de les brûler plus tard.

Les réactions de vignerons que la CAVB recueille portent le plus souvent sur « des demandes d'informations »; ils veulent savoir jusqu'à quand l'interdiction reste valable et quelles solutions ont-ils en attendant la levée de la mesure. Une incompréhension demeurre également suite au manque de  communication et de concertation de la part des pouvoirs publics.

Côté autorités, des contrôles ont lieu en Côte d'Or, sur la Côte de Beaune, par les gendarmes. Mais ils n'auraient procédé – jusqu'à présent - qu'à des rappels à la réglementation.

"Trouver des alternatives"

Les viticulteurs bourguignons ont une forte tradition de brûlage des sarments issus de la taille. Nombre d'entre eux sont donc concernés par cette restriction. Si c'est une première pour eux, il y a fort à parier que ce ne sera pas la dernière. La CAVB va donc essayer de négocier avec les pouvoirs publics pour que la viticulture puisse bénéficier, au même titre que les autres secteurs économiques, d'une dérogation. « Il n'y a pas de raison que la viticulture soit clouée au pilori alors que d'autres activités, comme le transport, polluent plus et peuvent continuer. Pourquoi y aurait-il deux traitements différents ? », questionne Thomas Nicolet, son directeur.

Mais cet événement va tout de même conduire l'organisation à accélérer la réflexion pour trouver des solutions alternatives économiques viables au brûlage des sarments. L'une des pistes intéressantes pourrait être celle du recyclage collectif. 

Illustration: A gauche, la carte de pollution aux particules fines du jeudi 26 janvier 2017. Le seuil d'alerte est déclenché sur les trois départements de Saône-et-Loire, Côte d'Or et Yonne. A droite, une légère amélioration était attendue pour vendredi.

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