LE FIL

Bouchons

Diam propose du liège corse

Lundi 30 janvier 2017 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 06/02/2017 14:34:02

Les vignerons corses peuvent désormais boucher leurs vins avec le liège de leur île.
Les vignerons corses peuvent désormais boucher leurs vins avec le liège de leur île. - crédit photo : Marion Bazireau
Diam produisait déjà des bouchons de liège roussillonnais et varois. L’entreprise investit désormais dans le liège corse. Le bouchonnier en a acheté 20 tonnes en 2016. Les premiers vignerons seront bientôt livrés.

Les vignerons corses vont désormais pouvoir boucher leurs vins avec du liège issu de leurs forêts. Diam a en effet conclu un contrat pluriannuel avec Silvacoop, une coopérative qui regroupe 40 propriétaires forestiers et 1250 hectares, du cap corse à Ajaccio. Trois d’entre eux ont levé du liège pour le bouchonnier en juin dernier. « Nous avons acquis 20 tonnes de liège », détaille Mathieu Colombe, directeur régional Méditerranée chez Diam, une quantité qui offre à l’entreprise la possibilité de tuber 1 500 000 bouchons. Reste à leur trouver des débouchés. Pour l’heure, quatre vignerons en ont commandé, parmi lesquels l’Union des Vignerons de l’Ile de Beauté, la plus grosse coopérative viticole corse.

Les premiers cliens livrés à la fin janvier

« Nous achetons ce liège deux fois plus cher qu’au Portugal, où les forêts sont « industrialisées », les chênes bien alignés et identifiés. En Corse, c’est le maquis. Les coûts de production sont plus élevés », explique Mathieu Colombe. Pour un bouchon régional, le vigneron doit débourser environ 20€ de plus (au mille) que lorsqu’il achète des bouchons Diam portugais.

Le liège n’a pas été moulé sur place. Diam l’a acheminé dans son usine de Céret (Pyrénées orientales). Là, il a séché à l’air libre pendant plusieurs mois, avant d’être lavé, broyé et traité au CO2 supercritique, garantissant l’absence de TCA et d’autres molécules indésirables. Les premiers clients corses seront livrés à la fin janvier.

L’année prochaine, 30 tonnes de liège devraient être levées dans les forêts corses. En 2016, Diam avait déjà acheté 60 tonnes de liège varois, et 60 tonnes dans le Roussillon. Au premier trimestre 2016, le bouchonnier affirmait avoir commercialisé 2,5 millions bouchons régionaux.

Un plan de relance de la filière bois

Cette initiative s’inscrit dans un plan global de la Corse en faveur de sa filière bois, abandonnée depuis plusieurs années. « Le chêne vert colonise l’espace et privent les chênes-lièges de lumière, qui dépérissent » explique Marie De Peretti Della Rocca, présidente de Silvacoop. En relançant la sylviculture, via le marché du bouchage, mais également du bois d’isolation, les professionnels de l’île de Beauté entendent préserver leur environnement, se protéger des feux de forêt (le chêne-liège faisant un bon coupe-feu) et maintenir des emplois ruraux dans leur région.

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