LE FIL

Hérault

Grogne des viticulteurs face à FranceAgriMer

Mardi 24 janvier 2017 par Michèle Trévoux

Samuel Masse, président du CDJA et Guilhem Vigroux, président de la FDSEA de l’Hérault, lundi 23 janvier devant les bureaux de la délégation régionale de FranceAgrimer à Montpellier.Samuel Masse, président du CDJA et Guilhem Vigroux, président de la FDSEA de l’Hérault, lundi 23 janvier devant les bureaux de la délégation régionale de FranceAgrimer à Montpellier. - crédit photo : Michèle Trévoux
À l’appel de la FDSEA et du CDJA, une soixantaine de viticulteurs héraultais ont manifesté leur exaspération lundi 23 janvier devant les bureaux de la délégation régionale de FranceAgrimer à Montpellier. Ils dénoncent le retard de FranceAgrimer pour les contrôles et le paiement des subventions.

Le ton monte chez les viticulteurs héraultais. À l’appel de la FDSEA et du CDJA, une soixantaine d’entre eux s’est retrouvée ce lundi 23 janvier devant les bureaux de la délégation régionale de FranceAgrimer à Montpellier. À l’origine de leur courroux : les retards de FranceAgrimer tant pour le paiement des primes à la restructuration de la campagne 2015-2016 que pour les contrôles de plantation et d’arrachage. « C’est du jamais vu ! Nous avons plus de quatre mois de retard sur les paiements de primes. 3 000 à 4 000 viticulteurs dans le département sont impactés. Ce n’est pas acceptable », tempête Guilhem Vigroux, président de la FDSEA de l’Hérault.

La dématérialisation en cause

Les deux syndicats avaient pourtant alerté FranceAgrimer au printemps 2016, après avoir constaté des dysfonctionnements dans la mise en place de « Vitirestructuration », le nouveau système de dématérialisation des dossiers de demande d’aide. Ils se sont mobilisés pour permettre aux viticulteurs de continuer à utiliser la version papier. Au final, celui-ci a été disponible mais avec trois mois de retard. « Les viticulteurs qui ont fait leur déclaration sur « Vitirestructuration » sont bloqués et ne peuvent pas toucher leur subvention, car il manque le module qui fait le lien entre leur déclaration et l’instruction des dossiers. C’est catastrophique pour les trésoreries », s’indigne Samuel Masse, président du CDJA.

Nicolas Viguier, jeune viticulteur installé en 2016 peut en témoigner. « Entre les aides à l’investissement et les primes de restructuration, FranceAgrimer devait me verser 40 000 € sur la campagne 2015-2016 et je n’ai toujours rien reçu. Je paie chaque année 1 000 € de caution à la banque à cause du retard de versement de ces primes ». Le jeune viticulteur, installé au domaine Saint Jean de l’Arbousier à Castries, déplore également le retard dans les contrôles. « Je dois arracher 4,5 ha cette année, j’attends toujours le contrôleur et n’ai, à ce jour, aucun engagement de FranceAgrimer sur la date de ce contrôle. C’est très gênant pour l’organisation du travail d’autant plus que je suis en bio, avec un temps de travail plus important qu’en conventionnel ».

"Nous réclamons le versement de 80 % des aides fin février et non pas fin mars."

À l’issue de pourparlers qui se sont prolongés jusqu’en fin de matinée, les deux responsables syndicaux ont finalement obtenu le recrutement de 3 CDD supplémentaires pour renforcer l’équipe des contrôleurs de la délégation régionale et le versement d’ici fin mars de 85 % des 13 M€ d’aides 2015-2016 restant dues. « On a obtenu gain de cause pour les contrôles. On avait 3 000 ha de retard. Avec le renforcement des équipes, tout devrait être terminé d’ici fin mars. En revanche, nous ne sommes toujours pas satisfaits du calendrier de paiement des subventions. Nous réclamons le versement de 80 % des aides fin février et non pas fin mars. Aujourd’hui, nous nous sommes mobilisés pacifiquement, mais la tension est grande sur le terrain. Nous ne sommes pas à l’abri de mouvement plus musclé de viticulteurs qui ont le sentiment qu’on les mène en bateau », prévient Guilhem Vigroux .

 

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VOS RÉACTIONS
Vigneron de Rions Le 24 janvier 2017 à 23:28:11
Voilà ce qui arrive quand on devient dépendant de ce système. Je lutte pour ne pas y rentrer, PAC, OCM, etc... C'est un miroir aux alouettes, nous finissons par ne plus travailler dans l'intérêt de nos entreprises et pour nos clients, mais pour satisfaire des bureaucrates, sans maitriser quoi que ce soit. Ouvrez les yeux c'est voué à l'échec. Je ne comprends pas la FNSEA, le système existait en grande culture, il ne marchait pas, les agriculteurs n'arrivaient pas à vivre de leur travail et on ne trouve rien de mieux que de l'étendre aux autres cultures (peut être pour être bien certains que c'est pas la solution). Maintenant que nous savons, nous pourrions passer à autre chose, non???
Ferret Le 24 janvier 2017 à 22:04:47
Je me trouve également dans ce cas de non paiement des primes et suis bloqué pour ma plantation 2017, mettant aussi dans le pétrin entreprises et pépinières. Je suis tout à fait solidaire de cette action, regrettant de ne pas avoir été informé de la démarche du 23 janvier. Marc FERRET
chrisreb Le 24 janvier 2017 à 21:54:54
A quand un système de contrôle aléatoire comme pour la Pac. Un pourcentage des dossiers contrôlés, pour les autres une instruction accélérée. Les agriculteurs ne sont pas tous des voleurs, que l'administration nous fasses un peu confiance
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