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Cahors

Le Clos Triguedina se construit un écrin oenotouristique

Jeudi 05 janvier 2017 par Alexandre Abellan

Le Clos Triguedina se construit un écrin oenotouristique
- crédit photo : Atelier d'architecture Franck Martinez
Affichant de fermes ambitions touristiques, la famille Baldès a lancé les travaux de création d'un pavillon dédié à la dégustation de ses vins. Pour une livraison prévue en 2018.

S'il accueille déjà 2 500 visiteurs par an, le Clos Triguedina estime que ses « infrastructures d'accueil ne sont pas à la hauteur. En l'état, il est difficile de créer de l'intimité » estime Sabine Baldès, la directrice administrative du domaine cadurcien (de 60 hectares, géré par son mari Jean-Luc Baldès). « Sans complexe, il faut dire qu'à Cahors nous sommes en retard par rapport à d'autres régions » note la Bourguignonne.

Pour se mettre au niveau de ses ambitions touristiques, le Clos Triguedina va lancer ce début d'année le chantier pour un pavillon de dégustation, qui se veut un écrin spacieux, sonorisé et climatisé (voir esquisse ci-dessous). En tout, le nouveau bâtiment s'étalera sur 100 mètres carrés de plain-pied, au cœur de l'exploitation, auxquels s'ajouteront des terrasses et un parking*. La première tranche du bâtiment doit être opérationnelle pour la saison 2017, la livraison étant annoncée pour 2018.

"Les banques sont frileuses…"

Plus que les délais de chantier, Sabine Baldès regrette que les banques ne suivent pas le projet avec plus d'enthousiasme, le coût estimé s'annonçant ambitieux (le chantier est déjà subventionné à 34 000 euros par FranceAgriMer). Si elle reconnaît que l'accueil à la propriété ne sera jamais l'activité principale du domaine, elle souligne qu'il donne déjà des résultats intéressants pour sa pérennité (sa fille Juliette étant déjà en formation pour la reprise). En témoigne un panier moyen de 150 euros par acheteur au caveau. Misant sur un accueil personnalisé pour créer du lien, le Clos Triguedina espère surtout faire de chaque visiteur des ambassadeurs du domaine, qui commercialise 300 000 à 400 000 bouteilles par an (en AOP Cahors et IGP du Lot).

Destination malbec

Se concentrant depuis deux ans sur le domaine familial, Sabine Baldès fait de l'insertion du Clos Triguedina dans le réseau de tourisme territorial une clé de son succès. A ce titre, elle a mis en œuvre l'adhésion aux offices de tourisme et labels publics (type Esprit Lot), comme la participation à des réseaux privés (telle l'association touristique de la vallée du Lot Dordogne). « Ce n'est pas anecdotique, on accueille plus de monde à la propriété. Les clients sont envoyés par les hôteliers et restaurateurs, vers lesquels nous en renvoyons » se réjouit Sabine Baldès, pour qui le réseau permet d'allonger la saison touristique. Avec une fréquentation soutenue au-delà des traditionnels mois de juillet et août. « Le vignoble de Cahors est éloigné des grands sites, comme Rocamadour, il doit devenir un but de visite » conclut-elle.

 

* : Et en parallèle, un hangar technique de 600 mètres carrés achève d'être construit, pour de stocker le matériel hors de vue des visiteurs.

 

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Carbonnier Le 07 janvier 2017 à 11:09:48
Un peu contre les vents et marées inspirés par certains de ses pairs qu'aveuglent quelques conformismes, Jean-Luc Baldès trace sa route, avec une obstination calculée. Pourquoi s'en écarterait-il ? Sa renommée, qui s'est établie sur la qualité de ses vins -et non sur son caractère, pas toujours facile,il en convient lui-même - a largement dépassé le cadre de l'Hexagone. Ce n'est pas pour rien si un éminent professionnel, Olivier Poussier (pour ne pas le nommer et qui m'en a fait confidence lors d'une rencontre informelle) le considère, avec Pascal Verhaeghe , comme le meilleur vinificateur du coin. Ce qui me fait personnellement déplorer que ce vignoble cadurcien aurait tout à gagner à voir ses vignerons enterrer la hache de guerre, à mettre à plat les problèmes pour, tous ensemble élaborer vraie charte qui mettrait en place , une feuille de route aboutissant aux cahors grands crus que le consommateur attend depuis longtemps. Les Alsaciens l'ont fait. Seront-on moins intelligent sur les bords du Lot que sur ceux du Rhin et de l'Ill ? La pertinence "oenotoutistique" mise en place par Jean-Luc Baldès, le dynamisme de l'U.I.V.C. et de Jérémy Arnaud son responsable es-marketing, les réussites bachiques, très connues, des "têtes de pont"de l'appellation (elles sont nombreuses) devraient bien finir par trouver un serein terrain d'entente. Sinon c'est à désespérer de tout...Peut-être que ce billet me vaudra quelque inimitié mais ça m'est égal...
trichet Le 06 janvier 2017 à 19:05:25
Allez y foncer , la seule démarque possible par rapport aux grand négoce est la qualité de notre relation humaine et notre passion pour notre métier et nos vins. Cependant soyez prete a perdre tous vos week end jour feries et repas familiaux. L'exigence des touristes est importante mais votre courage sera nécessaire et la réussite est au bout j'en suis sure aujourd'hui. Un champenois Pierre Trichet
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