LE FIL

Etienne Maffre

« Dans le Rhône, il faut une inflexion des cours pour conserver les marchés en 2017 »

Mardi 27 décembre 2016 par Alexandre Abellan

« On a une fenêtre de tir » plaide Etienne Maffre, également vice-président de l'interprofession rhodanienne.
« On a une fenêtre de tir » plaide Etienne Maffre, également vice-président de l'interprofession rhodanienne. - crédit photo : Juliette Cassagnes
Confiant dans le potentiel commercial du millésime 2016, le président des négociants rhodaniens se projette sur les risques et opportunités de la campagne de commercialisation qui s'annonce.

La récolte 2016 devrait représenter plus de trois millions d'hectolitres se félicite le négociant Etienne Maffre*, président de l'Union des Maisons de Négoce en Vin de la Vallée du Rhône (UMVR). Avec des stocks en hausse de 280 000 hectolitres à la fin juillet (soit +10 % sur un an), la conjoncture apparaît prometteuse pour repartir à l'assaut des marchés. Du moins si les cours s'alignent, prévient le nouveau directeur général de la maison Gabriel Meffre. « Depuis 2013, nous rencontrons avec nos amis de la production une problématique sur les prix. Il faut une légère détente pour ne pas casser la dynamique » estime-t-il. Précisant qu'« il ne s'agit pas de revenir aux cours, trop bas, d'il y a quatre ou cinq ans », il plaide pour « une inflexion, afin de conserver les marchés ayant une faible élasticité sur les prix ».

Erosion continue

Il est vrai que les signaux de replis commerciaux ne manquent pas en Vallée du Rhône. Sur la campagne 2015-2016, les sorties de chais se sont repliées de 2,8 % (soit une baisse de 80 000 hl), dans la suite de la baisse amorcée avec la petite récolte 2013 (sur quatre ans, la commercialisation rhodanienne s'est repliée de 7 %, soit 210 000 hl en moins). Une érosion du dynamisme commercial qui se poursuit sur le début de campagne déplore Etienne Maffre.

Il souligne que le mix des ventes se modifie : les volumes d'entrée de gamme se replient (-24 % de ventes en hard-discount à la fin octobre), tandis que les crus surclassent en performance les Côtes du Rhône (-6 % pour l'AOC régionale, quand Châteauneuf et autres Vacqueyras sont à +20 %). Le développement d'un export valorisant (Amérique du Nord, Chine et Europe du Nord) confirme cette tendance pour lui, tandis que se dégradent les positions sur les marchés traditionnels (Allemagne, Belgique, Pays-Bas...).

 

* : Le négociant souligne cependant que les rendements ne sont pas partout au rendez-vous. Comme dans ses vignes de Gigondas, accusant un repli de 18 %.

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