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Gard

Les viticulteurs exaspérés par les vols de matériel à répétition

Vendredi 23 décembre 2016 par Christelle Stef

Lionel Puech, coprésident des JA du Gard
Lionel Puech, coprésident des JA du Gard - crédit photo : JA Du Gard
Les vols dans les exploitations gardoises se sont intensifiés ces dernières semaines. Les agriculteurs sont à bout. Ils demandent la mise en place de moyens concrets pour que ces exactions cessent.

214. Tel est le nombre de vols déclarés par les agriculteurs et les viticulteurs dans le Gard depuis le début de l’année 2016. Et, ces vols explosent depuis le mois de septembre. Cela va du gros matériel (tracteurs…) au petit outillage (disqueuse, tronçonneuse…) en passant par le carburant et les cartons de vins. « Rares sont les agriculteurs qui n’ont pas été cambriolés », déplore Lionel Puech, le co-président des Jeunes Agriculteurs du Gard, et viticulteur à La Rouvière (36 hectares). Lui-même a subi une tentative de vol lors des dernières vendanges. Une nuit, un malfaiteur s’est emparé de son tracteur auquel était attelée la benne à vendange. Heureusement son frère a croisé le convoi sur la route. Le cambrioleur a alors pris peur et s’est enfui, laissant le tracteur sur place. Un autre jour, une personne s’est introduite dans son local phytosanitaire. « Elle cherchait vraisemblablement du petit outillage. Elle est repartie avec un kilo de produit qu’elle a pris sur une palette » indique Lionel Puech.

Un problème récurrent

Ces vols ne sont pas nouveaux et le problème est récurrent. Il y a un peu plus d’un an, les professionnels, les syndicats agricoles, la préfecture, les services de police et de gendarmerie ont signé une convention afin de se donner les moyens de réagir face à ces exactions (alerte SMS, agriculteurs référents…). Mais les forfaits ont continué et se sont amplifiés.

"Cambriolé cinq fois depuis fin septembre"

Un viticulteur et maraîcher basé à l’ouest du département s’est ainsi fait cambrioler cinq fois depuis fin septembre. Les malfrats lui ont dérobé une tronçonneuse, une débroussailleuse, des sécateurs, des caisses à outils, des produits phytosanitaires, du carburant mais aussi des courges, et des oignons. Le dernier vol remonte à la nuit du 9 au 10 décembre. Les cambrioleurs lui ont ainsi volé pas loin de 500 litres de GNR qu’ils ont mis dans des bidons. Mais ils n’ont pas pu tout emporter d’un coup. Ils ont donc caché une partie des bidons 200 mètres plus loin et sont revenus les chercher une heure après. C’est là que le viticulteur les a surpris. Deux personnes ont ainsi été arrêtées et seront jugées en janvier.

Rencontre avec le Préfet

Face à cette recrudescence, les agriculteurs sont exaspérés. « Aujourd’hui, on demande que des enquêtes poussées soient menées lorsque de tels délits sont commis, que les décisions prises par la justice quand un présumé voleur est arrêté soient à la hauteur de nos attentes et que l’on puisse construire nos habitations à côté de nos hangars agricoles », détaille Lionel Puech. Les responsables des JA et de la FDSEA ont donc rencontré le Préfet du Gard le 16 décembre. « Il s’est montré compréhensif », note Lionel Puech. Il leur a ainsi proposé un autre rendez-vous le 3 janvier prochain, afin de remettre au goût du jour la convention. Il leur a aussi annoncé qu’il allait demander à la gendarmerie de recenser les axes routiers sensibles afin d’y placer des caméras. Affaire à suivre.

Vols de produits phytos en Charente

Le département de la Charente a été touché par plusieurs vols de produits phytosanitaires a révélé la Chambre d’Agriculture. L’un s’est déroulé à Reignac dans la nuit du 20 au 21 novembre dans une entreprise dont la chambre n’a pas dévoilé le nom. Les auteurs y ont dérobé différents produits dont de l’Aviso DF (un antimildiou), du Dipel DF (un insecticide) et du Basta (un herbicide). Dans la nuit du 25 au 26 novembre, un autre vol a eu lieu sur la commune de Genté. Là encore les malfaiteurs y ont subtilisé une quantité importante de produits phytosanitaires dont du Reldan et du Jokari, deux insecticides utilisés pour lutter contre la cicadelle de la flavescence dorée. Le préjudice s’élève à 29 654 euros.

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