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Aide à l’export

Haro de la filière vin sur les modalités de subvention de FranceAgrimer

Mercredi 21 décembre 2016 par Alexandre Abellan

Ne cachant pas son exaspération face aux délais de traitement, Georges Haushalter n’est pas convaincu par mode de fonctionnement actuel de FranceAgriMer. Et ne se satisfait pas des manques de moyen pour l’expliquer.
Ne cachant pas son exaspération face aux délais de traitement, Georges Haushalter n’est pas convaincu par mode de fonctionnement actuel de FranceAgriMer. Et ne se satisfait pas des manques de moyen pour l’expliquer. - crédit photo : CIVB
Clairement formulée en Gironde, la grogne contre le système d’avance de fonds/risque de réfaction gronde dans les interprofessions viticoles.

Tout juste adopté, le budget 2017 du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) prend avec de longues pincettes la ligne de ces subventions européennes pour la promotion dans les pays tiers. Même s'il s'élève à 5,57 millions d’euros, ce financement oscille entre flou et pointillés. Car si le CIVB a bien déposé ce 15 décembre un dossier de demande d’aides de l’OCM vin à FranceAgriMer, l’interprofession bordelaise est loin de comptabiliser ces fonds comme acquis. Ou du moins, elle n’est pas sure de garder l’intégralité de l’avance versée.

« Avec les règles actuelles, il y a toujours une incertitude » soupire Georges Haushalter, le président du groupe de travail sur la promotion au sein du Conseil Spécialisé Vin de FranceAgriMer. « La recevabilité des pièces fournies pour justifier des subventions accordées n’est jugée que plusieurs années après. Le risque est lourd. Et source d’angoisse » lâche le négociant girondin. L’ancien président du CIVB (de 2010 à 2013) portant également ces griefs au nom des interprofessions de tailles plus modestes.

Réfaction

« S’il y a un désaccord de FranceAgriMer, l’interprofession doit non seulement rembourser une partie de l'avance, mais elle peut être soumise à une pénalité de 10 % » confirme Christophe Chateau, le responsable de la communication du CIVB. Actuellement, ses services suivent ainsi la justification des aides versées pour l’opération Bordeaux Fête le Vin qui s'est tenue à Québec en… 2013. A l’heure actuelle, aucune interprofession n’a subi de telles pénalités. Mais des réfactions ont déjà été perçues auprès d’entreprises.

« Il faut réduire le risque. Au lieu d’une avance dans ces conditions, nous préférerions encore assumer l’avance de trésorerie. Au moins, nous serions sûrs d’assurer la promotion de nos vins, pas de payer pour elle » tranche Georges Haushalter. « Nous demandons de stabiliser le dispositif. Les règles changent chaque année, alors que nous déposons des programmes pour deux ans » conclut le négociant girondin.

 

* : Pour 2017, le budget du CIVB est assuré à 82 % par les cotisations de ses opérateurs. Les subventions OCM comptent pour 18 %.

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