LE FIL

Conditions de travail

Pistes de réflexion sur la prévention des TMS viticoles

Jeudi 01 décembre 2016 par Alexandre Abellan

Présentées sur le salon Vinitech, les premières moutures des fiches pratiques de prévention des TMS seront diffusées début 2017 par l’ARACT et la MSA.
Présentées sur le salon Vinitech, les premières moutures des fiches pratiques de prévention des TMS seront diffusées début 2017 par l’ARACT et la MSA. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Pour enrayer l’explosion des pathologies articulaires liées à des gestes contraignants et répétitifs, l’ARACT Aquitaine et la MSA 33 privilégient une mise à plat de l’organisation du travail.

« Face aux Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), on en est toujours à poser la même question : qu’est-ce que l’on fait » constate Laurence Vergneaux, de l’Association Régionale pour l'Amélioration des Conditions de Travail (ARACT Aquitaine). Loin d’être désabusée, l’ergonome présentait ce premier décembre, à l’occasion d’une conférence sur le salon Vinitech, les premiers résultats d’une étude régionale* qui souhaite mobiliser la filière pour lutter contre des maladies professionnelles de plus en plus pesantes (voir encadré).

"Il faut une approche ergonomique du travail"

« Les solutions techniques sont nécessaires, mais elles ne seront pas suffisantes » pose d’emblée Laurence Vergneaux. Pour parvenir à une réduction significative du risque, elle préconise une réflexion d’ampleur sur l’organisation du travail. Cela passe notamment par le développement de la polycompétence des salariés (diminuer les sollicitations en diversifiant les tâches selon leur pénibilité), l’adaptation de l’encadrement direct (chef de culture intégrant les risques TMS aux tâches) et l’augmentation des temps de récupération (qui n’est pas un temps de pause, mais bien de repos).

Sachant qu’« une solution n’est acceptable que si elle permet de travailler efficacement » martèle Laurence Vergneaux. Qui plus est dans le cadre du prix-fait si répandu pour les ouvriers viticoles girondins, impliquant de donner le temps aux salariés de s’approprier une nouveauté et de dépasser leurs habitudes. Comme pour les sièges mobiles d’aide à la taille (la Mutualité Sociale Agricole de Gironde en prête d’ailleurs pour des essais aux domaines volontaires).

Points de vigilance

Pour lancer les réflexions dans les entreprises, l’ARACT Aquitaine et la MSA 33 finalisent des fiches pratiques appelant à la prévention des TMS sur des points précis. Les premières maquettes étaient présentées sur le Vinitech, mais elles ne seront diffusées qu’en 2017. « L’idée de ces fiches pratiques est de questionner les employeurs, pour qu’ils prennent en compte les différentes composantes et ne s’attendent pas à une solution miracle » précise Christelle Bernadet de la MSA 33.

 

* : Lancée en 2008, cette étude a été réalisée en partenariat par l’ARACT Aquitaine et la MSA. Elle s’appuie notamment sur un diagnostic réalisé sur trois châteaux médocains, puis une phase de tests sur dix propriétés.

Chiffres clés

D’après les dernières données de la MSA 33, les TMS représentaient 89 % des maladies professionnelles déclarées en Gironde sur 2014. Ce qui représente un coût de prise en charge direct de 11,63 millions d’euros. Sachant que le coût indirect serait trois fois plus important (à cause de l’absentéisme, de la perte de productivité…).
 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé