LE FIL

Affaire sensible

Le sujet des traitements phytos s'invite à l'inauguration de Vinitech

Mardi 29 novembre 2016 par Bertrand Collard

Jérôme Despey, Alain Rousset, Eric Dulong et Michel Stoumboff lors des discours d'inauguration de Vinitech le 29 novembre au parc des expositions de Bordeaux
Jérôme Despey, Alain Rousset, Eric Dulong et Michel Stoumboff lors des discours d'inauguration de Vinitech le 29 novembre au parc des expositions de Bordeaux - crédit photo : Bertrand Collard
Il a surtout été question de réduction des traitements phytos lors des discours d'inauguration de Vinitech à Bordeaux. Jérôme Despey a rappelé qu'il fallait du temps pour intégrer les nouvelles pratiques. Alain Rousset, président de la région Aquitaine, a laissé entendre que la filière n'en avait pas. Ou très peu.

Vinitech a beau être un salon international, il n'en est pas moins ancré en Gironde et dans ses sujets de préoccupation, à commencer l'acceptation des traitements phytos par le grand public. Trois des six orateurs invités à s'exprimer lors de l'inauguration du salon, ce 29 novembre, en ont parlé lors de leur discours. Et en accompagnant le cortège dès personnalité invités à suivre l'inauguration par Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine, on a appris que deux viticulteurs étaient poursuivis par la justice pour avoir traité par grand vent cette année.

Eric Dulong, président du salon et premier à s'exprimer lors des discours inauguraux, s'est félicité du haut niveau de fréquentation dès les premières heures d'ouverture. Effectivement, les allées sont pleines de visiteurs et les conférences attirent le public. Mais il n'a pas abordé la question des phytos.

C'est Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer qui a mis les pieds dans le plat. "L'offre de ce salon représente la forte volonté de la filière de renforcer les pratiques respectueuses de l'environnement, de réduire les traitements phytosanitaires, a-t-il déclaré. Je salue tous ceux qui contribuent à cette préoccupation. Mais il faut garder à l'esprit que ces changements prennent du temps. Il faut aider les viticulteurs à améliorer leurs pratiques environnementales."

Du temps, Alain Rousset, en manque. "Vous disiez tout à l'heure qu'il faut du temps, a-t-il répondu à Jérôme Despey. Je ne suis pas sûr qu'on en ait. Lorsque vous allez en Israël ou en Californie c'est à l'accélération du passage des produits chimiques aux produits biocompatibles que l'on assiste. Il ne faut pas seulement parler de pulvérisation confinée. Il faut aussi éviter d'envoyer des produits dans le sol. Un jour nous aurons des problèmes avec les métaux lourds accumulés dans les sols durant un siècle de traitement de la vigne." Faisait-il allusion au cuivre ? Sans doute. Mais il n'a pas précisé ses propos.

Puis il a rappelé que la région, la chambre d'agriculture de Gironde et le CIVB ont signé cet été une convention "pour sortir des pesticides".

Dans la même veine, Michel Stoumboff, secrétaire général du préfet de région et dernier orateur à s'exprimer a déclaré : "à côté du défi de compétitivité, c'est de plus en plus le défi du développement durable et de l'agroécologie que l'agriculture doit relever, notamment concernant les traitements. L'ensemble du secteur est totalement engagé dans cette voie."

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