LE FIL

Ampélographie

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le merlot sans oser le demander

Samedi 26 novembre 2016 par Alexandre Abellan

Parmi les synonymes du merlot, on trouve notamment en basque « Bordeleza beltza », soit le Noir de Bordeaux. Ce qui résume toute l’importance qu’a acquise ce cépage à l’origine accessoire, pesant en 2010 pour plus de 60 % du vignoble girondin.
Parmi les synonymes du merlot, on trouve notamment en basque « Bordeleza beltza », soit le Noir de Bordeaux. Ce qui résume toute l’importance qu’a acquise ce cépage à l’origine accessoire, pesant en 2010 pour plus de 60 % du vignoble girondin. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Louis Bordenave lance une collection ampélographique, entre approche encyclopédique et petit précis viticole. Exemple avec un cépage précoce, devenu l’emblème du vignoble bordelais.

Jeune retraité de l’INRA Bordeaux, Louis Bordenave débute sa Collection de l’Ampélologue avec Le Cabernet Franc et Le Merlot (aux éditions Féret). Ayant l’ambition de proposer une monographie réunissant l’ensemble des données sur un cépage, chaque ouvrage s’attache à détailler les caractères phénologiques et autres particularités agronomiques. Mais ce sont les anecdotes qui donnent tout son sel à cette lecture.

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Notamment pour les origines des variétés de vignes cultivées, entre étymologie et génétique. Dans le cas du merlot, ses parents sont ainsi le cabernet franc et la magdeleine noire des Charentes. Né  fortuitement, ce cépage n’était en rien destiner à compter parmi les plus cultivés au monde.

"Les merles s’attaquent de préférence à ses fruits"

Métis d’origine récente, le merlot est devenu le « cépage emblématique du vignoble bordelais. Il était inconnu dans les documents anciens et il n’a été cité qu’à la fin du XVIIIème siècle » rapporte Louis Bordenave. D’abord appelé « sème dou flube » (soit semis du fleuve), le merlau/merlot tiendrait son nom de son pouvoir d’attraction aviaire. « Les merles s’attaquent de préférence à ses fruits qui mûrissent d’assez bonne heure » estimait le Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde de William Franck (paru en 1845 aux éditions Chaumas).

Success story

Louis Bordenave relie l’expansion du merlot à l’après-gelée de 1956, le cépage se montrant alors  facile à cultiver, étant vigoureux et productif (d’autant plus à la la suite d’une sélection massale écartant formes coulardes et virosées). Pavant son succès planétaire, la révision dans les années 1980 de son mode de conduite a conduit à une amélioration qualitative notable (en délaissant la conduite en cordon Sylvoz).

Depuis, « les vins issus de merlot se rapprochent de ce que l’on pourrait appeler un vin rouge idéal, charnu et fruité en bouche avec une souplesse qui le caractérise. La raison principale de son succès en France, puis dans le monde, est sa capacité de pouvoir produire des vins de qualité un peu partout » estime Louis Bordenave.

Disponibles en librairie, ces deux monographies seront complétées en août 2017 par de nouveaux ouvrages (sont annoncés à terme des études du cabernet sauvignon, du chardonnay, du grenache, du mourvèdre, du pinot noir et du sauvignon blanc).

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