LE FIL

Généreux 2016

Les vins de Bergerac espèrent renouer avec leurs marchés passés

Mardi 22 novembre 2016 par Alexandre Abellan

Marqueur d’une crise conjoncturelle, en 2016, les vins de Bergerac ont quitté le top 10 des appellations les plus vendues en grande distribution française.
Marqueur d’une crise conjoncturelle, en 2016, les vins de Bergerac ont quitté le top 10 des appellations les plus vendues en grande distribution française. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
Payant le décrochement des prix et des disponibilités après 2013, le vignoble périgourdin compte mettre à profit les volumes de 2016 pour se repositionner sur ses marchés, notamment en grande-distribution.

À l’heure des dernières triées à Monbazillac, le vignoble de Dorgogne et du Lot-et-Garonne est en passe de mettre un terme à une vendange qui a dépassé ses espérances. « Je ne croise aucun vigneron qui ne soit pas en capacité de faire ses rendements » se félicite Vincent Bergeon, le directeur de l’Interprofession des Vins de Bergerac et Duras. Si les déclarations de récolte ne sont pas bouclées, il n’en estime pas moins une récolte généreuse à 600 000 hl cette année. Ce qui marquerait enfin un retour à une production normale après trois petites récoltes successives : 531 000 hl en 2015, 545 000 hl en 2014 et surtout le niveau plancher de 411 000 hl en 2013.

Crise de confiance

Avec la croissance attendue des disponibilités vient un défi de taille : repartir à la conquête des marchés qui se sont détournés des vins de Bergerac. « Nous avons toujours eu des disponibilités tendues, avec une faible élasticité en termes de volume. Après la petite vendange 2013, ia commercialisation s'est faite au détriment des stocks » explique Vincent Bergeon, qui ajoute que malgré les recommandations de l’époque, les cours se sont envolés. La conséquence ne s’est pas fait attendre, les marchés de masse se sont détournés de cette source d'approvisionnement habituel.

Une défiance qui s’est accentuée avec les petites récoltes successives. Conduisant à la fermeture des marchés de prix à l’export, et surtout au déclin de Bergerac en Grande Distribution. Début 2016, les vins de Bergerac sont ainsi sortis du top 10 des AOC les plus vendues en Grandes et Moyennes Surfaces. Le résultat d’un repli continu des sorties, notamment en vrac (voir graphique ci-dessous). Sur la campagne 2015-2016, les appellations de Bergerac et Duras* ont commercialisé 432 000 hectolitres de vin, pour un chiffre d’affaires de 138,3 millions d’euros. Soit un repli de 4 % en volume et en valeur.

"Il faut regagner 100 000 hl"

Avec la perspective de pouvoir reconstituer les stocks et réapprovisionner les marchés, les opérateurs de Bergerac ont soif de reconquête. « Notre challenge, c’est de repartir alors que nous sommes tombés bas. Il faut regagner 100 000 hl » lance Vincent Bergeon. Pour soutenir cette ambition, l’interprofession a adopté en septembre un plan stratégique de relance (se basant sur une étude prospective réalisée en 2015 et 2016). La segmentation d’une offre intermédiaire et l’amélioration de la productivité du vignoble sont notamment préconisées.

* : Soit les AOC Bergerac (déclinée en blanc, rosé et rouge), Côtes de Bergerac (blanc et rouge), Côtes de Duras (blanc sec, blanc moelleux, rosé et rouge), Côtes de Montravel, Haut-Montravel, Monbazillac, Montravel (blanc et rouge), Rosette et Saussignac.
 

Alors que les sorties en bouteille se sont maintenues, le vrac a chuté depuis 2013. Pesant pour 46 % des volumes en 2015, le vrac enregistre un repli de 23 % des sorties sur la dernière campagne. Ce qui est principalement dû au Bergerac rouge (41 % des volumes), qui encaisse de fortes baisses : -24 % en volume et -7 % en prix moyen (à 75,6 millions hl à 1 015 euros/tonneau). Source : IVBD
 

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