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Début de boycott scandinave des vins sud-africains

Dénonçant des conditions de travail d'un autre âge, la diffusion d'un documentaire sur le vignoble d'Afrique du Sud indigne en Suède et en Norvège.
Par Alexandre Abellan Le 14 novembre 2016
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Début de boycott scandinave des vins sud-africains
Pour certains analystes, les scandales à répétition sur le traitement de la main d’oeuvre sont la rançon du positionnement sur l’entrée de gamme de l’Afrique du Sud. Qui lutte pour maintenir sa compétitivité et des prix attractifs. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
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« Raisins amers, l’esclavage dans les vignobles » s’intitule le dernier documentaire du réalisateur danois Tom Heinemann sur le vignoble sud-africain. Tout juste diffusé au Danemark et en Suède, le reportage a causé une véritable onde de choc. La chaîne de supermarché danoise Dagrofa a retiré de ses linéaires des vins sud-africains. Notamment ceux de Robertson Winery, dont les méthodes sont dénoncées par le documentaire et les ouvriers viticoles manifestent depuis août pour de meilleurs salaires. Les distributeurs Spar, Meny et KIWI auraient également mis un frein à leurs importations, rapporte le site QZ.

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Parmi les pratiques d’un autre âge dénoncées, on trouve l’absence de protections aux pesticides, des dortoirs insalubres… Mais le documentaire s’arrête plus particulièrement sur les salaires bien en-dessous du minimum légal de certains travailleurs viticoles. Et ce malgré des journées de plus de douze heures de travail. La faute à un système parallèle de paiement en nature, par caisses de vin. Baptisée « dop », cette coutume est pourtant illégale depuis les années 1960 rapporte le Washington Post. Mais elle serait encore d'actualité dans certains domaines, dénonce le documentaire danois.

Documentaire biaisé

Vu d’Afrique du Sud, ce documentaire indigne pour d’autres raisons. Critiquée par Tom Heinemann, l’Association Éthique des Professionnels de la Viticulture a ainsi dénoncé un film se focalisant sur des dérives individuelles et minoritaires, occultant les progrès de l’ensemble de la filière. « Ce documentaire est biaisé » dénonce également un communiqué du syndicat de producteurs sud-africains VinPro, mettant en doute la véracité de certains volets et dénonçant le tort que cela pourrait causer à l’ensemble de la filière.

Si ce n’est pas la première fois que le vignoble sud-africain subit de telles accusations (à la suite de l’enquête Human Rights Watch en 2011, ou des grèves agricoles de 2012-2013), cette fois le boycottage est bien effectif. Et il faut dire qu’avec 50 millions de litres de vins exportés chaque année, la Scandinavie est un marché clé pour l’Afrique du Sud. La Suède est d’ailleurs son deuxième marché export, derrière le Royaume-Uni.

Rejetant toute volonté de punir le vignoble sud-africain en causant sa perte, Tom Heinemann explique, au Sunday Times, espérer « que ce documentaire va créer un débat sur ce qui peut honnêtement être amélioré dans les vignobles. En l’état, il y a beaucoup à faire ». Prévoyant une diffusion en Norvège, le réalisateur espère désormais vendre son documentaire au Royaume-Uni.

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