LE FIL

Manque d'eau

Le millésime 2016 relance la demande languedocienne en irrigation

Mardi 08 novembre 2016 par Alexandre Abellan

« Après cette année, beaucoup de gens qui n’ont jamais irrigué veulent s’y mettre » constatent Victorien Vailhe et Frédéric Fanjaud, ce 10 novembre sur le stand Dionysud du groupe BRL.
« Après cette année, beaucoup de gens qui n’ont jamais irrigué veulent s’y mettre » constatent Victorien Vailhe et Frédéric Fanjaud, ce 10 novembre sur le stand Dionysud du groupe BRL. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Peu pluvieuse, l’année écoulée pousse aux investissements dans le goute-à-goutte. Mais la ressource en eau étant limitée, tous les projets ne pourront être réalisés à court terme.

Particulièrement aride en Languedoc, l’année 2016 aura explosé « les records de consommation [viticole] en eau, c’est une certitude » constate Frédéric Fanjaud, délégué technico-commercial sur le Biterrois pour le groupe de distribution BRL. Si ponctuellement des pertes de récoltes sont conséquentes sur les vignobles non équipés (jusqu’à -50 % sur certains coteaux), les parcelles irriguées affichent des rendements proches de la normale. Sans oublier des feuillages préservés, alors que la campagne viticole a été marquée par un fort stress hydrique et des vignes en souffrance.

"Sécuriser l’accès à la ressource"

Ces performances nourrissent logiquement la demande en matériel, qui connaît également des niveaux records. Mais certains réseaux arrivant à saturation, l’offre ne suit pas alerte Lionel Palancard, le directeur général de l’installateur Aquadoc. « En 2017, la demande sera forte, mais on aura des difficultés à étendre les réseaux collectifs. La disponibilité en eau est déjà un enjeu sur des équipements nouveaux » estime-t-il. « Dans certains secteurs, il est compliqué d’équiper des parcelles par rapport au réseau existant » confirme Frédéric Fanjaud. Actuellement, BRL poursuit la mise en place du réseau Aqua Domitia, reliant l’Orb au Rhône, et annonce la mise en eau de 800 hectares supplémentaires d’ici 2019.

En viticulture, « la demande climatique est réelle et ne devrait pas changer » conclut Lionel Palancard. « Mais la capacité à sécuriser la ressource en eau disponible pour les vingt prochaines dépendra des investissements dans des infrastructures lourdes ».

1 400 €/ha de matériel

Avec l’irrigation, économiquement, « le viticulteur s’y retrouve, en maîtrisant les apports en eau et son rendement » explique Victorien Vailhe technicien commercial en matériel pour le groupe BRL. Globalement, il estime le coût du goutte-à-goutte à 1 400 euros/hectare (hors frais de pose), sachant qu’actuellement les fonds européens donnent accès à une subvention de 800 €/ha. Mis à part les pièces d’usure, ce matériel a une durée de vie estimée à 10-15 ans.

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