LE FIL

Pour éviter toute usurpation

La biodynamie planche sur un cahier des charges

Mardi 08 novembre 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

La biodynamie a ramené le cheval dans les vignes, notamment pour le travail du sol.La biodynamie a ramené le cheval dans les vignes, notamment pour le travail du sol. - crédit photo : DR
A l'occasion du salon annuel de Biodyvin, le président de l'association, Olivier Humbrecht, a annoncé le 7 novembre que des réflexions étaient en cours pour définir un cahier des charges de la culture biodynamique.

"S'il y a trop de confusion autour de la biodynamie, il n'est pas impossible que l'Etat ou l'Europe décide un jour de légiférer" pose Olivier Humbrecht, président de l'association Biodyvin (120 domaines certifiés en 2016). Mettant à profit l'adage "mieux vaut prévenir que guérir", Biodyvin et Demeter se sont rapprochés pour rédiger ensemble le cahier des charges de la biodynamie. "Nous devrions aboutir d'ici un à deux ans" précise Olivier Humbrecht. La proximité entre les cahiers des charges de Biodyvin et de Demeter devrait faciliter la tâche : "il y a seulement quelques petits points de différence entre les deux cahiers des charges" confirme Olivier Humbrecht. Et le texte final pourrait être présenté à l'Etat ou l'Europe s'il lui prenait l'envie de légiférer.

Biodyvin, une obligation de résultat

Les deux labels ne seront pas enterrés pour autant. "Demeter est une obligation de moyen tandis que Biodyvin est une obligation de résultat" rappelle Olivier Humbrecht. Les deux approches continueront donc leur existence. Biodyvin se démarque ainsi par l'organisation d'une dégustation de certification qui a lieu au début de l'été. Elle vient vérifier que le vin est bien le résultat d'une vinification biodynamique. "Nous vérifions qu'il n'est pas vinifié à l'ancienne, selon des méthodes conventionnelles" détaille Olivier Humbrecht. Le cahier des charges Biodyvin prévoit en effet l'absence d'utilisation d'intrants oenologiques et l'adjonction de SO2 à des doses parcimonieuses. Biodyvin se garde en réalité une certaine souplesse face à cette rigueur oenologique. "Nous acceptons une certaine tolérance face aux non-conformités" précise Olivier Humbrecht.

Régler le problème des traitements contre la flavescence

La rédaction des cahiers des charges s'accompagne questions plus globales. A l'instar du traitement contre la flavescence dorée. Le cahier des charges bio, préalable obligatoire à tout impétrant à la biodynamie, n'autorise que l'utilisation de pyrèthre naturel, plus nocif que celui de synthèse. De quoi pousser certains biodynamistes à se tourner vers la chimie de synthèse et d'être en rupture avec ses principes fondamentaux. "Nous devons déterminer quelle sera  notre réponse face à cette pratique" explique Olivier Humbrecht, qui de toute façon pense que la solution est ailleurs dans la prospection. Et de lancer avec beaucoup d'optimisme : "Si nous réalisons une prospection encore plus fine, avec davantage d'analyses, nous pourrions démontrer qu'il n'est nul besoin de faire des traitements préventifs". Il propose ainsi que tous les ceps dans un rayon de 50 mètres autour d'un pied flavescent soient analysés de manière systématique. Un beau projet qui risque d'être légèrement dispendieux.                                                                                                                                                                                                                                                                     

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